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Nour

La grenade

À Genève, au sein de cette troupe unique qu’est Opéra-Théâtre Junior, les jeunes s’initient à l’opéra tout en s’ouvrant aux histoires d’autres enfants par le monde et les siècles. La prochaine création, Nour, raconte une histoire de la diaspora arménienne.

Texte et propos recueillis par Katia Meylan

En 2001, la metteur en scène Michèle Cart créait Opéra-Théâtre Junior dans le but de faire découvrir aux enfants et adolescent∙e∙s l’opéra par la pratique, leur donnant la possibilité de chanter, danser et jouer sur scène aux côtés de professionnel∙le∙s du métier, dans des productions adaptées à leur âge.

Des thématiques poignantes

En plus de 20 ans, les volées de jeunes interprètes se sont succédées dans des œuvres aux styles variés mais toujours aux thématiques poignantes, telles que le harcèlement scolaire, les camps de concentration, le travail forcé ou encore la détention de mineurs considéré∙e∙s comme délinquant∙e∙s.

Still tiré de la captation du spectacle « Les Enfants du Levant »,
joué en 2022 par Opéra-Théâtre Junior sur le lac

Pour sa prochaine production, son choix s’est porté sur Nour, un opéra écrit en 2015 en commémoration du centenaire du génocide arménien. « Oui, on parle de génocide, mais ce qui est beau dans cet opéra c’est qu’il est plein d’espoir, tant dans la musique que dans le texte », affirme Michèle. « C’est une histoire de diaspora arménienne, qui ouvre sur d’autres histoires dans le monde, dans le passé ou encore aujourd’hui ». La narration s’entremêle, faisant se répondre plusieurs générations. Loucine, enfant d’aujourd’hui, questionne sa mère Nour (grenade, en arménien), sur l’histoire de leur famille. Nour se revoit alors petite fille, quand son grand-père Hovannès lui racontait l’incroyable périple qu’il avait vécu, alors que lui-même était encore petit garçon…

Les interprètes

Fil rouge de la pièce, la mémoire d’Hovannès est déroulée en chants par un chœur de jeunes chanteur∙euse∙s de la Maîtrise du Conservatoire populaire, dirigé par Fruzsina Szuromi. Sur une jolie idée scénique de Michèle Cart, les interprètes de Nour et Hovannès enfant ne sont pas uniquement comédien∙ne∙s, comme cela a pu se faire dans d’autres versions de l’opéra, mais font partie du chœur, se trouvant ainsi comme emporté∙e∙s dans les souvenirs du grand-père.

Pour incarner le rôle dudit grand-père, la metteur en scène a demandé à Armen Godel, l’un des piliers du théâtre genevois de rejoindre la troupe. « Le projet l’a touché car, sa mère étant arménienne, il raconte une partie de son histoire. Je suis heureuse qu’il ait accepté de jouer avec nous ! C’était important pour moi de travailler avec un comédien arménien ».

L’esprit de troupe

À Opéra-Théâtre Junior, on cultive les discussions et l’esprit de troupe. Les répétitions sont prévues généralement sur toute la journée, entrecoupée de pauses. Ainsi, on prend le temps de se connaître pour mieux travailler ensemble. Michèle Cart a également à cœur d’encourager des échanges autour des thèmes abordés et leurs corrélations avec ce qui se passe aujourd’hui dans le monde. En plus des discussions avec Michèle ou Armen Godel, les choristes pourront notamment rencontrer le compositeur Fabrice Lelong et la librettiste Nathalie Karibian – qui s’est inspirée de l’histoire de sa famille pour écrire l’histoire de Nour.

L’investissement est réel pour les jeunes interprètes, qui doivent être prêt∙e∙s à dédier une bonne partie de leurs week-ends et la moitié des vacances de Noël aux répétitions. Mais la motivation ne manque pas : « Certains sont tellement passionnés que les parents n’ont pas le choix ! » rit Michèle, prenant pour exemple l’une de ses jeunes interprètes qui a décidé de rester à Genève chez ses grands-parents plutôt que de partir en vacances avec ses parents, frères et sœurs.

Pour vivre, avec toute la troupe, cette magie inexplicable de la scène, ce moment suspendu à partager avec le public venu découvrir Nour.

Nour
Du 13 au 25 janvier 2026
La Parfumerie, Genève

Parmi les événements organisés autour du spectacle, samedi 24 janvier, à l’issue de la représentation, Opéra-Théâtre convie le public à la réflexion lors d’une discussion animée par Romaine Jean autour de la thématique du génocide et de l’espoir, de la possibilité d’être heureux∙se malgré une expérience de vie traumatisante.

Plus d’infos sur www.opera-theatre.ch/nour_2026

Classique et opéra Famille Théâtre

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Illustration

OSR – Calendrier de l’Avent musical et familial au Victoria Hall

Beaucoup d’entre nous ont déjà sorti plaids et pantoufles rembourrées, levé les yeux vers les décorations lumineuses accrochées dans les rues piétonnes ou fait une escale chocolat chaud au marché de Noël. Les douceurs hivernales qui nous réchauffent les os et le cœur à l’approche de l’Avent peuvent aussi être musicales, comme le Calendrier symphonique que nous offre l’OSR, un concert de Noël familial donné les 10 et 13 décembre au Victoria Hall de Genève.

Texte et propos recueillis par Katia Meylan

Chaque porte de ce Calendrier symphonique s’ouvrira sur une surprise : tantôt un extrait d’une œuvre de Dvořák, Delibes, Khachaturian ou encore de la compositrice romande Sandrine Rudaz, tantôt une petite scène de théâtre. Autant de touches d’humour ou de poésie, livrées par les comédien∙ne∙s Charlotte Filou, Antoine Courvoisier et Bastien Blanchard et les musicien∙ne∙s de l’OSR.

Tout ce petit monde sera dirigé par Zofia Kiniorska, jeune cheffe d’orchestre polonaise en résidence de l’OSR pour les saisons 2024-25 et 2025-26, que nous avons rencontrée il y a quelques temps autour d’un matcha latte, quelques jours avant sa participation au Concours de Genève. (voir l’article ici)

Interview avec Zofia Kiniorska. Photo: Katia Meylan

La famille OSR

Entre les concerts de saison, la fosse d’opéra au Grand Théâtre et les tournées, l’OSR a un programme bien rempli et ce n’est pas pour déplaire à Zofia Kiniorska. Cela fait désormais un peu plus d’une année que la jeune cheffe d’orchestre est entrée à l’OSR. « En venant ici pour l’audition, je n’imaginais pas me retrouver devant un tel orchestre à ce stade de ma carrière ! La première fois que j’ai joué avec eux, c’était incroyable, mais j’étais tellement stressée ! Je suis beaucoup plus sereine devant eux maintenant, je sens une belle connexion, et même si je sais que c’est temporaire, je me sens vraiment faire partie de la famille », sourit Zofia.

La flexibilité

En résidence, la musicienne endosse, entre autres, le rôle de chef assistante des grands noms invités par l’orchestre : Tugan Sokhiev, Elim Chan ou encore Jonathan Nott. « Être cheffe assistante implique d’avoir très bien préparé les pièces. Mon rôle va toujours dépendre un peu du chef ou de la cheffe, de ce dont il ou elle a besoin. J’assiste à la répétition, je suis attentive au bon équilibre du son, je prends des notes. Parfois on me demande un avis, parfois je prends le relais pendant que le chef va s’assoir dans la salle pour écouter… »

Zofia Kiniorska avait dirigé l’OSR dans un premier concert public dans le cadre du festival Les Créatives 2024 – un programme qui mettait en avant les femmes compositrices –, et prend régulièrement la tête de l’orchestre en tant que cheffe. Lors de la Tournée Romandie au printemps dernier, elle avait donné 18 concerts auprès de 5’000 élèves des cinq cantons romands. Le format, un florilège de courts extraits ludiques aux caractères bien différents, s’apparentait au concert du Calendrier symphonique.

Noël chez les Kiniorska

Pour faire connaissance et pour rester dans un thème de saison, on a demandé à Zofia Kiniorska comment se passaient traditionnellement ses Noëls : « C’est très familial. On se réunit durant trois jours, on mange, on va se balader. Dans la famille, mon papa est flûtiste, ma maman est violoniste, mes frères sont violoniste et violoncelliste, et moi, même si j’ai switché pour la direction d’orchestre, j’ai joué du piano pendant des années. On est un petit ensemble au complet… mes parents ont fait exprès de nous assigner chacun un instrument différent ! (rire). Les autres membres de la famille ne sont pas musiciens, alors c’est nous qui jouons pour eux, puis on chante tous ensemble. »

Mercredi 10 décembre en soirée ou samedi 13 décembre en matinée, on rejoindra Zofia Kiniorska, l’OSR et les comédien∙ne∙s au Victoria Hall pour un beau concert de Noël !

Calendrier symphonique
Mercredi 10 décembre 2025 à 19h30
Samedi 13 décembre 2025 à 11h – Complet
Victoria Hall, Genève
www.osr.ch

Classique et opéra Famille

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Illustration Louis Loup Collet – Écotopiales 2024

Les Écotopiales 2025, rencontre entre le scientifique et le créatif

Festival interdisciplinaire alliant science et créativité, Les Écotopiales est un événement ouvert à tous·tes qui met en avant l’imaginaire écologique et ses traces dans nos esprits et dans notre monde. Pendant deux jours, les 31 octobre et 1er novembre, le campus universitaire et la ville de Lausanne accueilleront de nombreux ateliers créatifs, projections de films et conférences scientifiques.

Texte et propos recueillis par Lucy Desarzens

Le festival propose des matinées scientifiques et des ateliers créatifs qui mettent en avant différents domaines artistiques tels que le cinéma, le dessin, le théâtre et l’Artivisme. Ces événements sont animés par des artistes et des scientifiques qui travaillent ensemble pour créer un espace accueillant et captivant permettant d’aborder l’écologie sous un angle nouveau.

Nous avons eu la chance de discuter avec Colin Pahlisch, chercheur à la Faculté des lettres et membre du Centre de Compétence en Durabilité (CDD). Il est le coordinateur général du festival les Écotopiales depuis sa première édition en 2024.

Nous lui avons posé quelques questions par rapport au festival, à l’importance des imaginaires écologiques ou encore sur la collaboration entre les scientifiques et les artistes.

Illustrations: Louis Loup Collet – Écotopiales 2024

Lucy Desarzens, pour L’Agenda : Comment est née l’idée de créer un événement qui renforce le lien entre la science et le créatif au sein de l’UNIL » ?

Colin Pahlisch : L’événement fondamental a été la création du Centre de la Durabilité en 2019. La même année, une centaine de chercheurs et de chercheuses se sont rassemblé∙e∙s dans une grande salle pour identifier quels étaient les champs à travailler prioritaires. Et le champ qui est sorti sur l’ensemble de ces chercheur∙euse∙s était celui des imaginaires. C’est à partir de là que la question des imaginaires a commencé à devenir insistante du côté du Centre de la Durabilité. L’idée des Écotopiales est de démocratiser cette question, pour encourager le plus grand nombre à se l’approprier et à créer collectivement. C’est pour cela que nous proposons des conférences scientifiques le matin et des ateliers de créations collaboratives l’après-midi. Ces ateliers s’appuient sur différents médiums artistiques pour créer de nouveaux univers imaginaires. L’idée est de passer un après-midi à semer les graines de nouveaux types d’histoires, qui pourront ensuite être cultivées à plus grande échelle. C’est ça la signature du festival.

Comment se construit concrètement une collaboration entre un∙e chercheur∙euse et un∙e artiste ?

Ce que je constate aujourd’hui c’est qu’il y a une sensibilité des chercheur∙euse∙s à l’égard des enjeux de la création, et des créateur∙ice∙s à l’égard des enjeux de la recherche. C’est un festival qui est vraiment coconstruit par les chercheur∙euse∙s de l’UNIL, le CCD et le SCMS (Service Culture et Médiation Scientifique). En fait le CCD s’occupe de la coordination générale, mais tous les événements de recherche-création sont coconçus par les chercheurs et les chercheuses. Dans le cas de l’atelier « L’Art Vivant Carnavalesque » sur l’Artivisme, par exemple, nous avons approché Monika Salzbrunn, Léonore Vuissoz et Raphaela von Weichs, pour construire avec elles un événement qui fasse sens dans leur projet de recherche, et dans la thématique du festival. C’est ensuite d’elles-mêmes qu’elles ont pris l’initiative d’inviter le comédien et artiste drag LEON LOVER. 

L’idée est de tisser des collaborations au long cours, non seulement avec les services de médiation scientifique de l’UNIL, mais aussi avec la communauté de recherche de l’UNIL au sens large ! 

Illustrations: Louis Loup Collet – Écotopiales 2024 (2)

Quel est le rôle de l’imaginaire dans la transformation écologique — est-ce un outil, une forme de résistance, une manière plus attractive d’aborder le sujet ?

Un peu les trois, j’ai l’impression que ce sont un peu les trois. Une forme de résistance, ça c’est sûr. Je crois beaucoup à l’intuition de Castoriadis, un philosophe grec des années 70. Son livre L’institution Imaginaire de la Société montre à quel point les imaginaires sont incarnés par les personnes et les institutions, et peuvent constituer une force de changement. À condition qu’on laisse la place à ces imaginaires, mais surtout aux gens qui les cultivent. Qu’iels puissent découvrir d’autres formes possibles d’avenir écologique que celles que nous vendent actuellement le néolibéralisme et le capitalisme. Ensuite, les imaginaires sont un outil. On vit tous avec et par les imaginaires. Peut-être qu’un festival ayant pour but de mettre en lumière leur rôle aurait aussi pour fonction de nous conscientiser quant à la puissance de nos propres imaginaires et la place que ceux-ci occupent dans nos comportements.

Et est-ce que les imaginaires sont une manière plus facile d’accéder à la question écologique ? Oui, je pense. Mais évidemment, si on en reste aux imaginaires, on risque de ne pas pouvoir aller très loin. D’un côté, on a le pur imaginaire comme élan vers autre chose, et de l’autre côté l’exploitation des imaginaires comme maintien du statu quo. Les imaginaires sont un levier et une ressource, mais ils ne se suffisent pas à eux-mêmes. Je suis assez partisan de cette phrase de la sociologue Alice Canabate qui dit : « Pour transformer la société, il faut déjà être capable de l’imaginer ».

Que souhaitez-vous que les gens emportent avec eux après avoir participé à une journée du festival ou à un atelier ?

Des images, des expériences communes et peut-être l’étincelle d’un désir de changer le monde.

***

Pour finir, nous avons demandé à Colin Pahlisch ce qu’il conseillerait comme activités offertes lors du festival. Lors de la journée du vendredi, il recommande l’atelier d’écriture « L’allure des bêtes » ou l’atelier jeu de rôle « Rêver le vivant » qui ont eu des retours particulièrement positifs et transformateurs lors de la première édition. Le samedi, il attire l’attention des fans de bande-dessinées et d’arts graphiques sur l’atelier « Redessiner nos relations au vivant », offert par le dessinateur genevois Pierre Wazem, qui aura lieu à Plateforme 10.

La vingtaine de propositions qu’offrent les Écotopiales sur ces deux jours de festival seront autant d’espaces de créations et de réflexions collectives, nous ouvrant la porte vers un nouvel imaginaire écologique.

Les Écotopiales
Les 31 octobre et 1er novembre 2025
Campus universitaire et Ville de Lausanne
https://wp.unil.ch/ecotopiales/

écotopiales
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BuskersÀMorges, photo STEPHANIE MONTESINOS

BuskersÀMorges – Voyage improvisé

Du 13 au 16 août, il fera bon vagabonder à Morges, oreilles au vent. Au bord du lac, dans la cour du Château ou en passant par une petite rue piétonne, on aura de fortes chances de tomber sur l’une des treize propositions artistiques du festival BuskersÀMorges.

Textes et propos recueillis par Katia Meylan

On repart en voyage ! Durant quatre jour, en cette dernière semaine de vacances, les musiques du monde répondront dans les rues de Morges. Griots percussionnistes du Sénégal, Son traditionnel mexicain, flamenco, ou swing hawaïen, la découverte sera au tournant, sans artifices, sans scène ni micro. Face à face, tout simplement. Ce concept de Buskers, déjà très connu dans d’autres villes du monde, fait gentiment son nid à Morges.(L’Agenda en parlait lors de la première édition, dans son numéro juillet-août 2022).

Le festival n’a pas de billet d’entrée, mais il est participatif : le public, en fonction de ses moyen, contribue à son existence en achetant le programme, vendu à 10 francs avec le badge de soutien, en mettant quelque chose dans le chapeau destiné aux artistes, et en passant faire un tour aux food trucks. La découverte culinaire fait également partie du voyage, avec des saveurs venues d’Italie, de Grèce, d’Iran, du Maroc, du Tibet, du Viêt-Nam ou encore du Pérou. Et au bar, les vins locaux de Villars-sous-Yens ont pour rivaux des cocktails d’inspirations un peu plus lointaines !

BuskersÀMorges édition 2024. Photo: Javier Badalona
Photo de haut de page: Stéphanie Montesinos

Nous avons eu l’occasion d’échanger par téléphone avec Sylvie Pasche, directrice artistique du BuskersÀMorges – en direct de République Dominicaine, où son amour pour les musiques du monde la mène très souvent. Elle s’est prêtée à l’exercice de notre petit Questionnaire de Proust.

Si le festival était une odeur ?
Caramel.

Un goût ?
Épicé.

Une phrase qu’on se hèle en passant ?
Eh salut ! Tu étais où, tu as écouté qui ?

Un slogan vaudois ?
Aux Buskers, vous serez déçus en bien !

Un secret bien gardé ?
La programmation. On connait les artistes, mais pas où ni quand ils vont jouer… sauf si on achète le programme.

Un émerveillement ?
Les enfants. Ils s’arrêtent partout avec un regard frais, n’ont pas d’a priori ni de barrière vis-à-vis des artistes. Chaque année je les vois écouter, danser sur des chants mongols, des chants yiddish… ça s’inscrit dans leur mémoire culturelle.

Un groupe à suivre partout si on a envie de danser ?
Papelucho Sound System : c’est de la rumba chamanique, tout un programme ! Mais il y en a d’autres aussi…

Un concert devant lequel s’allonger et fermer les yeux ?
Le duo de cordes et voix méditerranéennes, elles sont juste magnifiques. C’est un voyage entre jazz, opéra lyrique, chant traditionnel d’Italie du Sud… Je suis très contente qu’elles aient accepté de venir au Buskers. Quand elles jouent, on pose sa bière, on a juste envie d’écouter.

Un concert inattendu ?
L’altiste virtuose « fou furieux », Emil Hasala ! Lui, à l’âge de 9 ans, il jouait dans les orchestres les plus prestigieux de Slovénie. Quand je l’ai invité, je lui ai demandé s’il avait l’habitude de faire de la rue. Il m’a dit « Écoute, je commence. Ça me fait un changement, je m’amuse ! ». Il improvise avec sa bande son sur des thèmes connus, il prend tout le monde par surprise, ceux qui aiment la musique classique et ceux qui ne connaissent pas. Il montre que les instruments à cordes sortent des fosses d’orchestre.

[Ndlr : En réalité, Sylvie Pasche nous a parlé de tous les groupes, c’était trop difficile de n’en citer qu’un par question ! Alors… il ne tient qu’à vous d’aller découvrir la programmation]

Une anecdote des éditions passées ?
Comme les artistes sont là toute la semaine, ils ont le temps. Ils mangent ensemble, ils vont s’écouter les uns les autres, et comme ils n’ont pas de set-list imposée, tout est ouvert ! Des affinités se créent, on a souvent vu des artistes s’inviter à jouer et improviser ensemble. L’année passée… le festival a même vu naitre une histoire d’amour !

BuskersÀMorges, édition 2024. Photo: Gilbert Badaf

Festival BuskersÀMorges
Du 13 au 16 août 2025
Dans les rues de Morges
www.buskersamorges.com

Famille Festival Musique actuelle

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Festival de la Cité 2024 Nikita Thevoz

3 Grâââââââces au Festival de la Cité

Flâner, partager une bière et une gaufre (avant, elles étaient à 5 francs, tu te rappelles ?), compter le nombre de connaissances croisées en une soirée avec mon amie bibliothécaire (elle a gagné), danser devant la scène du Grand Canyon, attendre le prochain spectacle assise dans la paille sur le Pont Bessière, ou encore écouter bouche bée, sans voir le temps passer, le manifeste trans de Laurène Marx. La semaine prochaine, à mes souvenirs hétéroclites de festivalière s’ajouteront de drôles de personnages tout de carton vêtu∙e∙s.

Texte et propos recueillis par Katia Meylan

Du 1er au 6 juillet à Lausanne, cette 53e édition du Festival de la Cité sera faite de musique, de performances et d’installations, mais aussi de propositions pour les tout jeunes. C’est notamment le cas du spectacle Les 3 Grâââââââces, accessible dès 3 ans, imaginé par évo mine lambillon et Judit Waeterschoot – avec qui j’ai échangé la semaine dernière en visio – et Filomé Robinson Starck.

Le trio, issu du Bachelor en Danse contemporaine de La Manufacture, me raconte s’être formé par amitié et par une envie commune de créer pour le jeune public. « Entre nous, on a une énergie enfantine… c’est pour ça qu’on a imaginé un spectacle à vivre et partager sur scène avec les enfants, comme s’ils étaient nos ami∙e∙s ! » rient Judit et évo. « Le spectacle s’adresse à tous les âges : on n’a pas voulu être simplistes, non seulement pour que les adultes aient du plaisir, mais aussi car les enfants ne sont pas bêtes ! Ils comprennent beaucoup de chose », affirme Judit. Et évo d’ajouter : « On s’est quand même posé beaucoup de question ; on a évidemment fait attention à la sécurité, mais aussi à l’intensité, pour ne pas trop les envahir ».

Les Trois Grâââââââces

Photo: Les Trois Grâââââââces
Haut de page: Festival de la Cité 2024 © Nikita Thevoz 

Sur les ruines d’un château en carton volé en éclats, une galerie de personnages, papillon, oiseau ou soldat fragile, prennent vie. Entre fashion-show, théâtre en mouvement et interactions, les artistes célèbrent la force de l’imagination et la possibilité de réinventer ses propres fêtes. Trois Grâces, au-delà des traditions et des mythes antiques, trois identités joyeuses, créatives et sociables se révèlent…

***

Le mercredi à 17h15, les trois artistes proposent un workshop durant lequel les enfants pourront créer leur propre costume en carton, puis, pourquoi pas, déambuler dans le festival avec !

Les 3 Grâââââââces

  • Le spectacle (~ 30 minutes)
    Mardi 1 juillet, jeudi 3 juillet et vendredi 4 juillet à 17h15 et 18h30     
    Pyxis, Lausanne          
  • Le workshop (~ 45 minutes)
    Mercredi 2 juillet de 17h15 à 18h
    Pyxis, Lausanne

Édition 2025, quelques nouveautés

  • Chorale participative menée par la contrebassiste Louise Knobil et la cheffe de chœur Johanna Hernandez. Après quelques répétitions en commun, des chœurs romands et des choristes volontaires se produiront ensemble le samedi 5 juillet à 17h à la Cathédrale
  • Concert de Model/Actriz, « meilleur groupe de rock au monde actuellement » selon Joe Frailich de la programmation Musique actuelle – faites-lui confiance
  • « Pass accessibilité » à obtenir aux stands info du Festival sous forme de badge, pour permettre aux bénévoles et au public d’identifier les personnes qui pourraient avoir besoin d’aide

Édition 2025 – recommandations de 2 des 3 Grâââââââces :

évo : le talu, rap belge queer et engagé
Mercredi 3 juillet à 20h15, Pont Bessières

Judit : Piñata Cake, performance de cirque de Gaël Santisteva
Jeudi et vendredi à 22h30 à La Perchée

Toute le programme sur : www.2025.festivalcite.ch/fr/

Famille Festival

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Cherche et trouve OCG

Où est Char-lyre ?

Le 9 juin 2025, l’Alhambra de Genève accueillera un moment musical à la fois poétique et ludique avec Cherche et trouve autour du monde, un concert-spectacle conçu pour les enfants dès 5 ans et présenté dans le cadre du festival Les Athénéennes. Imaginé comme une véritable expédition sonore, cet événement invitera le jeune public à parcourir le globe en musique, guidé par la narration de Margot Alexandre et les illustrations en direct de Chloé Perarnau. Sur scène, l’Orchestre de Chambre de Genève sera placé sous la direction de Fiona Monbet, cheffe d’orchestre et violoniste reconnue pour son approche sensible et vivante du répertoire.

Texte de Mélissa Quinodoz

Cherche et trouve autour du monde – un voyage musical et visuel pour petit·e·s explorateur·ice·s

Conçu comme une œuvre immersive, Cherche et trouve autour du monde entraînera les enfants dans une aventure pleine de fantaisie: un concert doit avoir lieu, mais les musiciens et les musiciennes ont disparu ! Tout le monde est parti en vacances aux quatre coins du monde. Le maestro se lance alors dans une quête pour les retrouver: les violonistes à Tokyo, la harpiste à Porto, les trompettistes à Rio… À chaque escale, les enfants découvriront ainsi les différentes familles d’instruments, s’initieront à l’écoute active et laisseront libre court à leur imagination.

Les œuvres de Bizet, Poulenc ou encore Vaughan Williams accompagneront cette aventure, qui mêle narration, musique live et dessin en temps réel pour un moment de découverte à la fois sensorielle et artistique. Un spectacle conçu comme une invitation à voyager en famille, à écouter autrement et à s’émerveiller ensemble.

Les Athénéennes – une 14e édition pleine de surprises

Le spectacle Cherche et trouve autour du monde s’inscrit dans le cadre du festival Les Athénéennes qui démarre aujourd’hui même et court jusqu’au 14 juin 2025. Pour cette 14e édition, Audrey Vigoureux, Marc Perrenoud et Valentin Peiry ont imaginé 11 soirées mêlant musique classique, jazz, créations contemporaines et artistes de renom venu·e·s de Suisse et d’ailleurs. Surtout, grande nouveauté cette année: un mini-festival destiné au jeune public, qui se tiendra du 7 au 11 juin en parallèle de la programmation principale. En plus du concert Cherche et trouve, les enfants pourront ainsi découvrir un ciné-concert dirigé par Dimitri Soudoplatoff, une conférence musicale autour de Gershwin contée par Sabine Quindou (connue pour l’émission C’est pas Sorcier), ou encore le récit nordique Peer Gynt accompagné des célèbres musiques de Grieg, interprétées à quatre mains par l’Ensemble Variante.

Cherche et trouve autour du monde
Lundi 9 juin 2025 à 17h
Alhambra, Genève

les petites grandes athénéennes
Les 7, 8, 9 et 11 juin 2025
Alhambra et Temple de la Madeleine, Genève

Toutes les informations sur : www.lesatheennes.ch

Classique et opéra Famille

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La ferme se rebelle 

Un vent de révolte souffle sur le Théâtre des Marionnettes de Genève. Du 7 au 18 mai 2025, celui-ci accueillera Meuuuh Nooon !, une comédie engagée et pleine de tendresse qui met en scène des animaux de ferme en quête de justice. Un spectacle drôle et intelligent, accessible dès 4 ans. 

Texte de Melissa Quinodoz 

Le Théâtre des Marionnettes de Genève présentera prochainement Meuuuh Nooon !, une création de la Compagnie Les Cris de l’Asphalte. Ce spectacle de 45 minutes, destiné aux enfants dès 4 ans, promet une aventure pleine d’humour et de réflexion au cœur d’une ferme en pleine effervescence. 

L’histoire débute en plein hiver, alors que les vingt-deux vaches du fermier Michel, transies de froid, décident de revendiquer de meilleures conditions de vie. Munies d’une vieille machine à écrire dénichée sous la paille, elles rédigent une lettre exigeant des doudounes sur mesure, menaçant d’arrêter la production de lait en cas de refus. Leur mouvement inspire les poules de la ferme, qui réclament à leur tour un nouveau poulailler, sous peine de cesser de pondre des œufs. Face à cette fronde animale, Michel se retrouve confronté à un dilemme : céder aux demandes de ses bêtes ou maintenir son autorité. 

Inspiré de l’album jeunesse américain Clic Clac Meuh ! de Doreen Cronin, le texte a été adapté par l’autrice valaisanne Mali Van Valenberg. La mise en scène, signée Nathalie Cuenet et Vincent Bonillo, plonge les spectateur∙ice∙s dans une ambiance rétro-pop rappelant l’univers de Wes Anderson. Les comédiennes Chine Curchod et Fanny Pelichet incarnent des journalistes engagées, manipulant un bestiaire de marionnettes cocasses pour explorer les dynamiques de pouvoir et les subtilités du compromis au sein d’une société. 

MeuuuhNonPhilippePache2

© Photo: Philippe Pache

En complément du spectacle, deux événements spéciaux sont prévus. Un Goûter-philo le 7 mai (dès 6 ans) et une rencontre en coulisses le 10 mai (également dès 6 ans). Ces animations offriront aux enfants et à leurs familles l’opportunité d’approfondir les thématiques abordées dans le spectacle et de découvrir les coulisses de la création. 

Ne manquez pas cette fable contemporaine qui, à travers les revendications hilarantes de vaches et de poules en quête de meilleures conditions de vie, invite à réfléchir sur la solidarité, l’entraide et les rapports de force dans notre société. 

Meuuuh Nooon ! 
Du 7 au 18 mai 2025 
Théâtre des Marionnettes de Genève 
www.marionnettes.ch

Famille

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Petite Variation©CaroleParodi

Au fil des générations

Du 25 février au 9 mars 2025, le Théâtre des Marionnettes de Genève propose au public de découvrir sa Petite Variation, troisième partie d’un triptyque initié en 2023-2024 et co-produit par le Théâtre l’Articule. Ainsi, après avoir exploré la relation grands-parents/petits-enfants du point de vue des plus jeunes, cette nouvelle pièce s’intéresse cette fois à la perspective des aîné∙e∙s. Sur scène, deux grands-parents vont dès lors entreprendre un voyage à travers leurs souvenirs, évoquant leur vie, leur amour et leur lien avec leur petite-fille.

Texte : Mélissa Quinodoz

La Petite Variation 3 explore la perception élastique du temps, notamment lorsqu’on vieillit. Avec un simple fil élastique traversant la scène, les artistes Fatna Djahra et Christophe Noël créent des images poétiques inspirées des jeux de ficelle d’autrefois, dessinant une cartographie sensible entre passé et avenir. Lentement, les souvenirs et les sentiments se tissent devant le public.

L’idée de travailler sur la relation entre grands-parents et petits-enfants est née pendant la période du Covid, lorsque ces deux générations ne pouvaient plus se côtoyer. Profitant d’une résidence au Mouffetard à Paris, le Théâtre l’Articule a développé Les Petites Variations, une série de formes théâtrales courtes destinées à être jouées dans des lieux publics. Ces variations interrogent les notions de filiation, de transmission et de lien intergénérationnel. Pour cette troisième variation, Fatna Djahra souhaitait initialement travailler avec des marionnettes à fil, mais elle a finalement choisi de se concentrer sur le fil lui-même. Après plusieurs essais, elle a opté pour le fil élastique, qui permet de jouer sur la tension et de créer des images éphémères. Inspirés par les jeux de ficelle d’enfance, les artistes manipulent le fil pour former des figures reconnaissables par un jeune public. Le fil possède également une forte dimension symbolique, représentant le lien entre grands-parents et petits-enfants qui se tisse « au fil du temps ». La scène, d’abord vide, se remplit progressivement de fils évoquant des connexions neuronales et l’élasticité du temps, qui peut paraître subjectif selon les souvenirs. Au final, le fil permet, lorsqu’il s’appuie sur la musique et la lumière, d’exprimer beaucoup avec peu.

Petite Variation©CaroleParodi

Photos: ©CaroleParodi

Objet parfois banal, objet parfois fragile, le fil devient dans cette œuvre l’élément conducteur entre les générations, le symbole d’un lien qui ne peut être défait. La Petite Variation 3 se veut ainsi une pièce à la fois drôle et émouvante qui rappellera aux plus jeunes comme aux plus âgé∙e∙s les mercredis après-midis passés à construire des cabanes, à raconter des histoires, à faire du vélo dans le parc et à manger des madeleines au goûter. En particulier, grands-parents et petits-enfants apprécieront cet instant de partage au moment où s’annoncent les vacances de février.

La Petite Variation 3
Dès 3 ans
Théâtre des Marionnettes de Genève
Du 25 février 2025 au 9 mars 2025
Toutes les informations sur www.marionnettes.ch

Famille

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Moi, Fleur des pois_©LaBêteHirsute

Rencontre un peu timbrée avec un mini personnage de Shakespeare

Parmi les cotillons et les bouteilles à moitié vides, vestiges de trois mariages tout juste célébrés, surgit une fée. On la regarde, elle nous regarde… Petit temps de latence qui, comme chez les enfants faussement timides, ne dure pas longtemps : l’heure qui suit est un tourbillon survolté entre rêve et réalité, entre frustration et joie intense partagées avec Fleur des Pois, ce petit personnage shakespearien oublié qui prend enfin sa revanche.

Texte et propos recueillis par Katia Meylan

Moi, Fleur des pois est l’un des monologues d’une série de cinq spin-off théâtraux dans lesquels l’auteur britannique Tim Crouch donne la parole à cinq personnages secondaires de l’œuvre de Shakespeare. La jeune compagnie lausannoise La Bête Hirsute s’est emparée du texte. Elle a présenté sa création sur les planches de la Maison de Quartier de Chailly la semaine dernière, et jouera ce vendredi 31 janvier et samedi 1er février au Théâtre de Grand-Champ. Nous avons eu l’occasion de rencontrer Alexandra Gentile, qui porte le projet et interprète le rôle de Fleur des pois, et Marie Brugière, qui l’a épaulée à la mise en scène.

Petite, mais…

Cela faisait depuis qu’elles avaient joué ensemble au Théâtre du Galpon en 2019 qu’Alexandra et Marie souhaitaient collaborer à nouveau. Gardant contact, elles s’échangeaient depuis des idées de texte, dont le recueil Moi, Shakespeare, que Marie avait découvert l’ENSATT de Lyon grâce à sa professeur Catherine Hargreaves, la traductrice des monologues en français. Elles décident alors de monter Moi, Fleurs des pois, qui avait tapé dans l’œil Alexandra. « J’ai tout de suite eu l’image du personnage tout en bas de l’échelle, totalement invisibilisé, qui traverse plein de choses différentes par rapport à l’amour, à l’impuissance. J’ai senti que le personnage pouvait être une figure clownesque… et avoir une sacrée couche de connerie, aussi! ». Des ingrédients propices à l’expression de la comédienne, formée au théâtre à l’Accademia Teatro Dimitri.

Fleur des pois est certes petite, impuissante et totalement barrée mais, portée par la densité d’incarnation de l’interprète, elle rayonne d’un magnétisme fou. Elle profite d’avoir du public pour lui raconter – avec sa logique toute particulière – l’histoire du Songe d’une nuit d’été, lui faisant même jouer quelques-uns de ses collègues de personnages shakespeariens.

Ce qu’on a trouvé magnifique, ce sont les émotions pendues à un fil, toujours prêtes à basculer : ce que vit Fleur des pois est tragique, frustrant… pourtant, d’un instant à l’autre, elle troque allègrement le désespoir de ses mésaventures contre la satisfaction d’avoir un public à qui les raconter. « Jus de fleurs! Jus de fleurs! – (Cette fois c’est moi qui fait!) », jubile-t-elle de sa trouvaille théâtrale, qui consiste à lancer du papier crépon en guise de jus sur la spectatrice-Titania-Reine-des-fées – alors que ce jus est justement la cause ses malheurs. Oui… il faut suivre!

Solo partagé

Le public est intégré au spectacle de façon virtuose : parfois une réplique à dire, parfois une petite action à faire sur scène avant de retourner à sa place, un peu transformé·e. Alexandra-Fleur des pois leur offre un rôle qui ne peut pas rater, rigolo, qui met chacun·e en valeur un instant. Une célébration du théâtre propre à l’œuvre de Tim Crouch, que la compagnie a pris à bras-le-corps, nous explique Marie. « On a eu envie d’axer à fond sur l’interaction, et que cette interaction ne soit pas anecdotique mais une vraie rencontre entre Fleur des pois et le public », ajoute Alexandra. « On veut en faire un partenaire de jeu, lui donner de la place, pas juste lui faire lire des répliques mais le coacher un peu dans l’interprétation. Le prendre au jeu du théâtre, en fait, qu’il puisse vivre ce que nous on vit en tant qu’interprète ! ».

Un beau défi

Le rôle est un sacré tour de force. « J’avais envie d’un gros challenge de jeu, et Fleur des pois est une partition hyper exigeante… qui me faisait un peu peur! », rit Alexandra. « La pièce mêle beaucoup de défis et de niveaux différents : un solo, un texte exigeant inspiré de Shakespeare avec des répliques lyriques et d’autres très décontractées, une partie physique, de l’impro, de l’adresse directe au public, la liberté de faire avec mes fulgurances de jeu et le nécessité d’être dans le présent ». Heureusement, la comédienne est entournée d’une équipe de choc, Marie Brugière à la co-mise en scène et Laurent Baier à la collaboration artistique, qui la coachent dans les différents registres et les ruptures.

Pas de devoirs pour vendredi

Faut-il lire Le Songe d’une nuit d’été avant de venir voir la pièce à Grand-Champ? Marie répond par une belle métaphore : « Le lien avec la pièce de Shakespeare est du même ordre que le lien qu’ont nos rêves avec la réalité. Le matin, en se réveillant, on essaie de retracer la raison pour laquelle on a rêvé de telle ou telle chose… Là, c’est pareil : si on connait Le Songe, on prendra plaisir à faire des liens, mais ce n’est pas nécessaire. Parfois, il n’y a pas de logique, mais on aura vécu le rêve avec la même intensité ».

L’intensité, de toute part, c’est ce qu’on retient de cette pièce. Ça, et le pouvoir de rébellion des petit·e·s, qui, quand on les laisse s’exprimer, nous emmènent un peu ailleurs.

Moi, Fleur des pois
De Tim Crouch
Tout public dès 8 ans (conseillé dès 10 ans)
Vendredi 31 janvier et samedi 1er février 2025 à 18h
Théâtre de Grand-Champ, Gland

Par la Cie La Bête Hirsute : www.labetehirsute.ch

Alexandra Gentile et Marie Brugière
Petit questionnaire de Proust

Qu’y a-t-il dans votre tête juste avant que le spectacle commence?
Alexandra : Wow… J’ai envie de rire et pleurer en même temps, j’ai une sorte de joie et d’impatience de voir les gens, et j’ai hyper peur. Je suis comme ça : « hihi ! haha ! arghh! »
Marie : Moi je suis à la régie son, et quand le public arrive, j’essaie de sentir la salle. J’observe s’il y a beaucoup de monde, peu, s’il y a des enfants, des personnes âgées, s’ils se placent plutôt devant ou derrière, car je sais que ça va être important… Et au bout d’un moment, j’essaie de sentir quand ils sont prêts et quand je peux lancer le spectacle.

Quelle est votre réplique préférée?
Alexandra : « Un sommeil aux jambes de plomb et aux ailes de chauve-souris s’empare du monde. » C’est celle qui me… [sourire ravi, sans finir sa phrase].
Marie : J’aime bien quand Fleur des pois demande à quelqu’un dans le public « T’es dans mon rêve, toi ? ». Je trouve génial d’avoir la liberté d’écrire ça !

Qui vous a le plus inspiré pour cette pièce?
Alexandra : Olaf ?
Marie : Ah ouais, grave, Olaf.
Alexandra : Olaf, dans La Reine des Neiges 2, qui raconte La Reine des Neiges 1. Il est complètement barge.

Théâtre

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Phalaina

Phalaina

Les deux voix lyriques de Sophie Mourot et Marine Le Mouël dialoguent avec le monde sous-marin. Dans une expérience sonore, visuelle et poétique, elles nous mènent à la rencontre des baleines, empathiques, cultivées et solidaires chanteuses des océans.

En faisant leur portrait, en leur rendant hommage, ce manifeste espère que la fascination qu’inspirent les baleines saura préserver ces mammifères et leur environnement.

Informations pratiques:
Les 16 et 17 novembre 2024 à 17h
Décal’quai, Montreux
Dès 5 ans
Tarif: de 8.- à 12.-
www.decalquai.ch

La Semaine de L'Agenda

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Ollie

Ollie

Les jeunes de l’Urban Move Academy (UMA), une école meyrinoise qui propose des formations et cours de danse, skate, BMX, roller, trottinette, parkour, création musicale et vidéo, investissent la scène du Théâtre de Beausobre à Morges!

Le décor d’Ollie est fait d’immenses rampes de skates. Sur ces vagues urbaines, sportifs et artistes collaborent dans des chorégraphies écrites par l’ancien danseur de l’Opéra de Paris et directeur de l’UMA Nicolas Musin.

Informations pratiques:
Samedi 9 novembre 2024 à 19h
Théâtre de Beausobre, Morges
Dès 7 ans
Prix: 18.-
www.beausobre.ch

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Après l'hiver

Après l’hiver

Le théâtre l’Articule raconte une belle histoire sans paroles grâce à des ombres et du dessin en direct. Après l’hiver est le périple poétique d’une petite chenille, à voir en famille dès 2 ans.

Texte et propos recueillis par Katia Meylan

Une chenille part à la découverte du monde: elle écarquille les yeux dans la nature, se fraie son chemin dans la ville, expérimente les sensations de la vie, avec ses difficultés et ses joies. Et alors qu’elle a traversé tout cela, après l’hiver, survient sa métamorphose.

D’une visite dans un camp de migrant·e·s à Calais, la comédienne Fatna Djahra, qui créé des spectacles jeune public avec sa compagnie l’Articule, ressort avec l’envie de raconter leur vécu. « C’est une réaction qu’ont beaucoup d’artistes », admet-elle. Puis elle change d’optique, considérant que ce dont les enfants ont besoin, c’est de voir de belles choses. Elle va donc formuler tout en douceur, avec des concepts universels, les difficultés témoignées dans les camps, mais aussi la possibilité de s’envoler vers autre chose. Elle s’inspire également d’une expérience datant de sa propre enfance: la découverte des Quatre Saisons de Vivaldi. Julien Israelian, compositeur de la bande-son du spectacle, reprend des extraits de l’oeuvre en les faisant apparaître flottants tels des souvenirs, et les lie à des compositions originales. Avec son langage de musique et de sons, de théâtre d’ombres et de dessins sur une toile, Après l’hiver est pensé pour parler au jeune public de tous horizons.

Lorsque nous avions vu le spectacle lors de sa création au Théâtre des Marionnettes de Genève, il y a 7 ans, les réactions fusaient. Les enfants applaudissaient avec ravissement lorsque la chenille arrivait enfin, après tant d’efforts, à monter sur une pomme. Des pattes et un grand bec apparaissent: « Oh non, elle va se faire manger! ».
Des réactions spontanées qui étaient loin de déconcentrer Fatna Djahra et Christophe Noël, son collègue comédien, que nous avions rencontré·e·s après la pièce et qui nous avaient raconté se sentir un peu comme un livre ouvert, que parents et enfants feuillètent et commentent ensemble de façon bienveillante.

N’ayez pas peur d’aller explorer la vie auprès de ces artistes et de leur chenille!

Informations pratiques:
Du 16 au 27 octobre 2024
Théâtre des Marionnettes de Genève
Durée 30 minutes, dès 2 ans
Tarif: 10.-
www.marionnettes.ch/spectacle/apres-lhiver

Article paru dans L'Agenda papier Famille La Semaine de L'Agenda

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Battle de dessins

Battle de dessins

La Maison Rousseau et Littérature se transforme en ring créatif accueillant une battle de dessin entre les artistes Violette Vaïsse et Victor Hussenot.

Animateur de l’événement, Gilles de Diesbach, journaliste à la RTS, donne le thème de la battle et récolte des idées parmi le public. Pour chaque idée, les auteurs⸱ice⸱s réalisent chacun⸱e un dessin en direct… arbitré par les enfants!

Dès 6 ans.

Informations pratiques:
Dimanche 6 octobre 2024 à 14h
Maison Rousseau et Littérature, Genève
Prix: de 5.- à 16.-
www.en.m-r-l.ch

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Suisse chérie

Grand-Champ – Ouverture de saison!

Le Théâtre de Grand-Champ à Gland fête sa nouvelle saison en 4 jours!

Ainsi, le public peut prendre un pass pour tout voir, ou aller seulement voir ce que bon lui semble parmi le programme, qu’il soit entre adultes ou en famille:

  • Seul en scène humoristique de Simon Romang
  • Concert-afterwork du groupe Suisse Chérie
  • Conte musical  Il était une fois le violon, accessible dès 3 ans
  • Comédie musicale tout public Les Voyages de Gulliver pour (et avec, hehe ;) petits et grands

Ainsi qu’un vernissage d’expo, des ateliers et des stands où se retrouver pour un moment convivial.

Informations pratiques:
Du jeudi 26 septembre au dimanche 29 septembre 2024
Théâtre de Grand-Champ (extérieur et intérieur), Gland
www.grand-champ.ch

 

En collaboration avec le service culturel de la Ville de Gland

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Quête

Quête

Une compagnie d’Impolies, épée en bois et langage de notre siècle en bandoulière, se met en route pour trouver le Graal. Du Moyen-Âge à nos jours, le propos de la quête est resté le même: entrevoir la beauté de notre condition humaine.

Texte et propos recueillis par Katia Meylan

Toutes les versions accessibles de la quête du Graal sont passées entre les mains de Juliette Verneray en vue de l’écriture de Quête. Deux en particulier retiennent l’attention de la metteuse en scène et du musicien Lionel Aebischer, avec qui elle co-signe la pièce: celle d’Albert Béguin et Yves Bonnefoy (1965), et celle de Barjavel (1984) qui accrochait déjà quelques ressorts comiques à ces légendes du 7e siècle. « Toutes les versions ne sont pas d’accord sur qui trouve le Graal, souvent l’action commence après quatre chapitre car il faut attendre que tout le monde soit arrivé… », s’amuse Juliette Vernerey. Autant de « détails ennuyeux » dont l’équipe s’empare pour appuyer le côté bancal de sa propre quête et aborder avec humour des sujets aussi brûlants que l’adultère, le rapport à la violence, la virilité et le féminisme.

C’est tout naturellement que la Cie de L’Impolie, dont les membres se connaissent depuis leur études à l’Institut Supérieur des Arts à Bruxelles il y a une dizaine d’années, a adopté une écriture collective à huit. Après avoir écrit les bases de la pièce, Juliette Vernerey et Lionel Aebischer avaient rassemblé les comédien∙ne∙s sur scène, leur avaient donné pour consigne de recréer en live tableaux du Moyen-Âge puis, partir de ces poses, d’improviser les scènes. Juliette avait filmé ces premières répétitions, tout revisionné, puis intégré ce qui fonctionnait au texte. Depuis Google Drive, tout le monde pouvait encore aller modifier des dialogues, pour s’approprier à souhait son personnage.

Artus, Guenevevièvre, Lancelote, Merlijn, Vivianeu ne sont pas des contrefaçons, plutôt des graines de héros et d’héroïnes d’un quotidien un peu absurde. Leurs réflexions contemporaines et leurs survêtements Adidas se frottent aux casques, armures et autres chapeaux pointus, costumes pensés par Célien Favre et Noémie Lagger. 100% seconde main, 100% tout terrains, adaptés au rythme qu’implique une quête du Graal.

Dans les moments de frénésie, dans les citations de René Barjavel ou encore dans les choeurs composés par Lionel Aebischer, Juliette Vernerey parle du sujet qui lui tient le plus à coeur: l’être humain, ses fragilités, ses contradictions, « savoir qu’on va crever mais continuer avec joie! »

Informations pratiques:

Article paru dans L'Agenda papier Famille La Semaine de L'Agenda Théâtre

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