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Jean-François

« 7-8 Jean-François » : le récit intérieur d’une revanche

Rencontrer son pire ennemi de l’adolescence à 50 ans ? C’est ce qui arrive à Jean-François, faisant resurgir les souvenirs douloureux et une compétitivité enfouie. Écrit par Alexandra Tiedemann, mis en scène par Céline Goormaghtigh et interprété par Olivier Gabus, ce dialogue intérieur à la fois drôle et lucide sera présenté du 11 au 30 novembre 2025 au Théâtricul de Chêne-Bourg, puis au théâtre l’Oriental à Vevey les 12, 13 et 14 décembre 2025.

Texte et propos recueillis par Eugénie Rousak

Premier texte de la comédienne Alexandra Tiedemann, ce voyage introspectif au réalisme cru est né d’un atelier d’écriture. Organisé et dirigé par Fabrice Melquiot en 2023, il invitait les participant∙e∙s à réfléchir durant une semaine sur le thème du monologue. « Dans un processus en va-et-vient entre le monde extérieur et l’intérieur, nous devions nous inspirer de différents types de situations dramatiques. L’une de celles que j’avais retenue était d’aimer son meilleur ennemi. Des images du harcèlement qu’un camarade de classe a subi me sont revenues à l’esprit et les premières phrases du monologue se sont alignées » se souvient Alexandra Tiedemann.

De cette réflexion émerge l’histoire de Jean-François, un quinquagénaire célibataire, employé dans la maintenance. « Un anti-héros un peu paumé dans une vie sans objectif » précise la comédienne. Suivant la recommandation de son médecin de bouger, il s’inscrit à un cours de danse disco. Un soir, il tombe nez à nez avec Michaël, son pire ennemi d’adolescence dont il a été le souffre-douleur. Cette rencontre fait resurgir les souvenirs enfouis, réveillant une jalousie comparative et un esprit de compétition. C’est décidé : il veut prendre une revanche ! Comment ? En gagnant la Coupe de la Night !

7-8- Jean-François. Photos: © Carole Parodi

Dès l’écriture, Alexandra Tiedemann savait qu’elle ne souhaitait pas assurer la mise en scène de cette histoire. « Si j’avais cumulé les deux rôles, j’aurais mis sur scène les choses que j’avais imaginées au départ. Ouvrir le texte à un travail collectif est plus stimulant et enrichissant. Céline Goormaghtigh, avec qui j’avais déjà collaboré sur d’autres projets, a apporté un regard diffèrent sur la pièce. Le comédien Olivier Gabus est ensuite arrivé avec son propre vécu et sa propre façon d’interpréter le texte. Puis, chaque membre de l’équipe a ajouté sa subjectivité sur l’histoire de Jean-François, enrichissant le spectacle » a expliqué la comédienne.

Ainsi, de ce travail collectif est née une pièce au message d’espoir. Mêlant l’humour, la danse et le dialogue intérieur, elle illustre la manière dont les fantômes du passé continuent de façonner le présent et un rien fait resurgir tous les souvenirs. Un peu bourru au début, le protagoniste gagne progressivement l’empathie du public, qui va l’accompagner pas à pas dans cette envie de revanche sur l’adolescence.

 7-8 Jean-François

Théâtre

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© Aurélie Tuluka, Les Accroches, SCMS

De mains en mains : la vie secrète des œuvres d’art

À l’Université de Lausanne, huit reproductions de pièces issues du Musée Jenisch Vevey se racontent à travers des récits et une scénographie conçus par des élèves du Gymnase de Burier. L’exposition De mains en mains. Récits de parcours d’œuvres fait dialoguer musée, université et gymnase autour d’une autre manière de transmettre l’histoire de l’art.

Texte et propos recueillis par Océane Martin

Comment raconter la vie d’une œuvre d’art ? Son parcours, ses changements de propriétaires, les lieux qu’elle traverse ? C’est à ces questions que répond l’exposition De mains en mains. Récits de parcours d’œuvres, présentée à l’Université de Lausanne, fruit d’une collaboration entre le Musée Jenisch Vevey, Les Accroches de l’UNIL, et deux classes du Gymnase de Burier. Modeste par sa taille, l’exposition séduit par la richesse du travail collectif qui l’a fait naître et par la finesse de sa mise en scène.

Cet événement prolonge l’exposition D’où je viens, présentée au Musée Jenisch Vevey de novembre 2024 à février 2025. En effet, depuis 2020, le Musée Jenisch a engagé un vaste projet de recherche de provenance sur ses collections publiques. Une telle enquête suppose un travail d’archives minutieux et parfois incertain. « Le Musée Jenisch conserve des collections composées à 95 % d’œuvres sur papier, des objets souvent discrets et peu documentés », explique Pamella Guerdat, conservatrice adjointe et responsable de la recherche de provenance du musée. « Baliser leur parcours s’avère donc un exercice complexe ». Cette démarche est cependant incontournable pour les musées suisses aujourd’hui : connaître l’origine des œuvres, retracer leur historique et garantir qu’aucune d’entre elles ne soit liée à une spoliation ou à une acquisition douteuse relève d’une mission centrale.

Mais De mains en mains ne se contente pas d’exposer cette enquête institutionnelle : elle la met en récit, en donnant littéralement la parole aux œuvres. Huit reproductions de pièces de la collection, racontent leur voyage à la première personne : de l’atelier qui les a vues naître aux réserves du musée, en passant par des salons privés, des maisons de vente ou un office de douane. Dans un parcours scénographique coloré conçu par des gymnasien·ne·s, le public est invité à suivre ces trajectoires, à écouter les détours et les hasards qui composent la biographie des œuvres d’art.

Photos: © Aurélie Tuluka, Les Accroches, SCMS

Une collaboration interinstitutionnelle

Présentée dans le bâtiment Anthropole de l’UNIL, l’exposition est le fruit d’un projet conduit à plusieurs mains. Pour le service culturel Les Accroches, l’objectif principal était de faire vivre cette démarche de manière participative : « L’intérêt de ce projet réside dans la collaboration avec les étudiantes et étudiants qui ont pu expérimenter concrètement le processus de création d’une exposition et y apporter librement leur contribution », explique Sidonie Pradervand, chargée d’expositions pour Les Accroches.

Deux classes du Gymnase de Burier ont travaillé sur le projet pendant une année, accompagnées par une collaboratrice de L’Éprouvette, Claire Voron, médiatrice culturelle et scientifique, et par l’équipe des Accroches. Plusieurs ateliers dispensés dans les deux classes ont permis d’aborder la question de la recherche de provenance, une discipline technique, qui tente de révéler la complexité du parcours des œuvres ainsi que les enjeux liés aux zones d’ombre de leur histoire.

À partir de ces découvertes, les jeunes étudiant·e·s ont imaginé des récits en écho au dispositif mis en place dans l’exposition D’où je viens. La scénographie a, quant à elle, été élaborée avec la volonté de prolonger l’idée d’un savoir en mouvement. Les espaces de l’exposition sont délimités par des couleurs différentes : une harmonie visuelle qui évoque aussi les différents lieux de transit des œuvres. Encadré·e·s par une graphiste professionnelle, les élèves ont créé une installation immersive, ludique et colorée où le public chemine comme dans un récit fragmenté.

Photos: © Aurélie Tuluka, Les Accroches, SCMS

Entre art, pédagogie et transmission

Au-delà de sa forme esthétique, De mains en mains est un véritable projet de médiation culturelle. En associant des élèves à une enquête muséale, il transforme la transmission du savoir en une expérience partagée, où chacun·e devient à la fois acteur·ice et interprète de l’histoire de l’art : « Le musée joue un rôle sociétal important : il est garant de la transmission du patrimoine aux générations futures », rappelle Pamella Guerdat. « Associer des gymnasiennes et gymnasiens avec un cadre universitaire et muséal permet d’ouvrir la discussion sur les collections et notre responsabilité collective face aux enjeux mémoriels ». Ce croisement entre institutions donne forme à une démarche commune qui dépasse les frontières habituelles entre savoir académique et expérience sensible. Le projet fait entrer dans la recherche celles et ceux qui, habituellement, la découvrent de l’extérieur : les gymnasien·ne·s deviennent médiateur∙ice∙s, les œuvres prennent vie, et le musée devient lieu d’échanges.

L’exposition met ainsi en lumière une autre manière de faire de l’histoire de l’art : partagée, expérimentale et sensible. Elle montre qu’apprendre à regarder, c’est aussi apprendre à questionner la mémoire des objets, leur circulation et la responsabilité de celles et ceux qui les conservent. De mains en mains illustre ce que la médiation culturelle peut produire lorsqu’elle relie les mondes de la recherche, de l’enseignement et du musée. En donnant voix aux œuvres, mais aussi à celles et ceux qui apprennent à les raconter, l’exposition rappelle que l’histoire de l’art ne se conserve pas seulement dans les musées : elle se transmet, se rejoue et se partage, de mains en mains.

De mains en mains. Récits de parcours d’œuvres
Accroche Anthropole, UNIL
Dès le 6 octobre 2025
Entrée libre
www.eprouvette-unil.ch/evenement/

Visite guidée : 13 novembre 2025, 17h–18h30. Inscription sur eprouvette-unil.ch

Exposition

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Christian Mukuna ©JaroslavMonchak

Christian Mukuna – Plutôt Roman Frayssinet, Denzel Washington ou Céline Dion?

Auto-labellisé « Suisse AOC », Christian Mukuna a bien un petit côté couteau suisse. Le Neuchâtelois est humoriste, chroniqueur radio et animateur tv, mais aussi comédien à la scène et à l’écran. Son prochain one man show, Et si c’était le dernier, est en cours d’écriture pour une tournée prévue en automne. Avant cela, on pourra le rencontrer cet été lors de deux dates Vignes&Culture, un concept qui propose de découvrir un∙e humoriste et des produits du terroir dans un domaine viticole.

Texte et propos recueillis par Katia Meylan
Photo de haut de page: ©Jaroslav Monchak

« Je devrais pas dire ça, mais moi, mon rêve c’était pas de faire de l’humour. Mon rêve, c’est d’être comédien, avec Tom Hanks et Denzel Washington! » nous lance en rigolant celui qui, en 2015, avait presque été surpris de remporter le tremplin du festival Morges-sous-Rire, lui le « petit nouveau venu raconter sa vie sans se mettre de pression ». Pris au jeu, ce fut une porte ouverte sur le Marrakech du Rire, le ComediHa! du Québec, sur des dates à Neuchâtel où l’on était content de voir émerger un humoriste de la région, puis peu à peu dans le reste de la Suisse romande, notamment par ses interventions avec Les Dicodeurs et avec son premier spectacle Suisse AOC, qui a beaucoup tourné. « Mais je n’ai pas laissé tomber le cinéma ! », sourit-il. « Récemment j’ai tourné des petits rôles dans deux séries, Uniformes de Romain Graf et Placée de Léa Fazer, à paraitre sur la RTS. Le reste est à venir ! ».

Un message de vivre ensemble

Que ce soit dans son premier spectacle Suisse AOC, dans son rôle campé récemment au Théâtre du Passage dans la pièce Épidémie virale en Afrique du Sud, dans le fait d’être parrain 2025 de la Semaine neuchâteloise d’action contre le racisme (SACR) ou dans ses interventions en milieu scolaire, les réflexions de Christian Mukuna portent beaucoup sur des questions de racisme. Une thématique qui s’est imposée d’elle-même, affirme-t-il, réaliste. « Le plus authentique que je puisse faire, c’est raconter des choses que je vois, que je vis. Alors je parle de l’évolution d’un jeune homme qui a grandi en Suisse depuis ses 1 an, avec la peau et le nom de famille d’un Congolais. Le fait est que malheureusement, j’ai vécu certaines situations de racisme de mes 7 ans jusqu’à aujourd’hui. En étant un peu connu, ça arrive moins souvent, mais ça arrive toujours. Maintenant on me dit « mais t’es humoriste, c’est pour rigoler » ! Mon but n’est pas de pointer du doigt, mais de se demander s’il n’y aurait pas un meilleur moyen de vivre ensemble. »

Humoriste AOC

Un grand pas dans la carrière de Christian Mukuna, affirme-t-il, a été de devenir officiellement un artiste de l’agence ACP, sous l’égide de la productrice Aurélie Candaux. Lors de cette interview, on les rencontre d’ailleurs tous les deux, car ils sortaient d’une séance de travail à Lausanne. « On avait toujours suivi le travail l’un de l’autre », raconte Aurélie. « Après avoir passé une semaine ensemble à un festival d’humour au Burundi, où j’ai proposé des artistes, ça a été une évidence pour nous deux que je devienne son agent ». « Elle a changé ma vie ! », s’exclame Christian. « Blague à part, artistiquement, je sens que ma carrière prend un nouveau tournant, et ça se concrétise avec le nouveau spectacle ». « J’adore faire de l’accompagnement à la création, mais c’est quelque chose qui prend énormément de temps, alors je le fais uniquement quand je sens que ça va marcher », renchérit Aurélie, fière de son acolyte et de leur nouveau spectacle en préparation.

Humour et produits du terroir

Avant cela, Christian Mukuna sera présent dans la programmation de Vignes&Culture, « petite bulle de bonheur estivale » comme la définit joliment Aurélie Candaux, également fondatrice du concept. C’est en 2021 pendant une période difficile pour la culture, qu’elle avait imaginé ce petit format intimiste qui permet aux artistes, aux viticulteur∙ice∙s et au public de partager un moment privilégié de découverte (lire l’article au sujet de la création de Vignes&Culture en page 7 de L’Agenda mars-avril 2022). Christian Mukuna y participera pour la 3e année consécutive, le 15 août à la Cave du Treyblanc et le 21 août au Domaine Saint-Sébaste. « Je jouerai probablement un mélange de sketches de mes deux premiers spectacles, Suisse AOC et de Rire c’est bon pour la santé. J’ai aussi écrit certains sketches spécialement pour l’occasion – il y en a un qui est inspiré d’une dégustation de vin avec mon papa, par exemple… Et ce n’est pas impossible que je teste quelques blagues du nouveau spectacle ! »

Et si c’était le dernier…

Avec ce titre digne d’un cliffhanger cinématographique, le nouveau spectacle de Christian Mukuna abordera un sujet à la fois drôle et sensible : toutes les choses que l’on fait pour la dernière fois sans le savoir. « Je suis parti sur cette thématique que je trouve très belle, qu’on a tous vécue sous différentes formes, et qui ouvre plein de champs du possible ». La dernière fois qu’on se fait appeler jeune homme, la dernière fois qu’on aura vu quelqu’un qu’on aime…

On pressent qu’en plus de rire, on ressortira un peu nostalgique !

***

OÙ ALLER VOIR CHRISTIAN MUKUNA:

Vignes&Culture

  • Vendredi 15 août 2025
    Cave du Treyblanc, Luins (VD)
  • Jeudi 21 août 2025
    Domaine Saint-Sébaste, Saint-Blaise (NE)

Toutes les dates: www.vignesetculture.ch

Et si c’était le dernier…

www.christianmukuna.com

Séries à paraitre sur la RTS :

  • Uniformes de Romain Graf
  • Placée de Léa Fazer
Mini questionnaire de Proust

Katia (L’Agenda): Le dernier spectacle que vous avez vu ?
Christian Mukuna : Roman Frayssinet. J’adore son humour, il a un univers vraiment à lui, il se pose des questions qu’on se pose tous, mais en menant la réflexion plus loin.
Aurélie Candaux : Comme j’accompagne toujours tous mes artistes, mes spectacles à moi, c’est de regarder le public en train de regarder un spectacle. Ce n’est jamais deux fois pareil !

Un∙e humoriste que vous admirez ?
Aurélie Candaux :
Florence Foresti. C’est la patronne.
Christian Mukuna :
J’admire les humoristes comme Florence Foresti, justement, ou Gad Elmaleh ; au début c’est des gens comme nous, des passionnés. Du jour au lendemain ils cartonnent de partout, ils ont plus la même vie mais ils continuent à toucher, à rester proche de la population. C’est très fort.

Un album en bonne position dans votre playlist ?
Christian Mukuna :
L’album D’eux que Jean-Jacques Goldman a écrit pour Céline Dion, je le dis à qui veut l’entendre, c’est un album incroyable. Incroyable ! Jean-Jacques Goldman a écrit toutes les chansons pour Céline parce qu’il la connait, il la comprenait. Quand tu as à tes côtés des gens comme ça, tellement en connexion avec toi, tu as tout gagné. Sur scène, on voit que les artistes – en tant qu’acteur j’ai le meilleur rôle, il faut le dire ! J’ai beaucoup d’admiration pour les gens qui sont derrière et qui ont un talent pour cerner et sublimer les autres.

Humour Portrait

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Chœur des amants

Chœur des amants

Dans cette pièce créée en 2007, l’auteur et metteur en scène Tiago Rodrigues fait parler deux amant·e·s en même temps. Leur voix se superposent pour raconter un épisode intense de leur vie, celui qui a failli les séparer à jamais, leur enlever le temps qu’ils pensaient avoir, sans vraiment y penser.

Ils racontent deux versions légèrement différentes de la même histoire. Parfois d’un souffle synchrone, parfois le souffle court, lorsque celui de l’autre vient à manquer. Leurs voix sont la mélodie d’une vie passée à deux, témoignage de l’évolution d’une relation sentimentale, entre quotidien et événements imprévus. Intime, la mise en scène nous fixe aux deux comédien·ne·s, Alma Palacios et David Geselson, et nous questionne avec poésie et délicatesse sur nos relations et notre façon de passer le temps qui nous reste.

Informations pratiques:

Mercredi 6 novembre 2024 à 20h
Jeudi 7 novembre 2024 à 19h
Le Reflet – Théâtre de Vevey
www.lereflet.ch

 

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VIFFF

Le VIFFF fête ses 10 ans. Qu’il a grandi! Et il semble qu’il a toujours plus à offrir: cette année, par exemple, il installe un open-air sur la place du marché et propose des projections gratuites. Alors oui, il faudra bien s’habiller et prendre son thermos, mais c’est une si bonne idée!

Parmi les films programmés pour cette édition 2024, on trouve; la compétition internationale; un focus BD, avec une exposition sur les dimensions socio-politiques de l’humour dans le 9e art et trois films adaptés de bandes-dessinées; un focus Louis De Funès; un focus sur les comédies suisses; la projection de films réalisés en 48h à Vevey dans le cadre de l’association Tournez Court; des extraits de nanars…

Et bien sûr, à 10 ans, on fait la fête, des soirées DJ, un quizz et un karaoke sont bien sûr au programme.

L’invité d’honneur de cette édition est Vladimir Cosma (compositeur de la musique des films « Les aventures de Rabbi Jacob » ou « La Chèvre »)

Informations pratiques:
Du 23 au 27 octobre 2024
Aux alentours de la Place du Marché de Vevey
www.vifff.ch

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Festival de la Valsainte

Festival de la Valsainte

Depuis 1990, date de création de l’Association du Quartier de la Valsainte, une équipe de bénévoles motivée organise un festival dans cette cour pleine de charme. 

Cette année, le premier vendredi débutera avec le Bal de l’Orchestre Jaune, un groupe de joyeux lurons qui font des reprises pour faire danser le public. Le programme du samedi 17 août prendra des couleurs orientales, avec le groupe de folk psychédélique maghrébin El Mizan, puis le chanteur et guitariste Rodolphe Burger qui mêle son blues-rockélectro aux sonorités rai du Trio Mademoiselle. Le chaabi égyptien de la DJ La Louuve terminera la soirée.

Le vendredi du week-end suivant accueillera Patrick Sans Doute et Virage, ainsi que DJVOLT. Le samedi sera encore une occasion de danser et faire la fête avec The Big Ukulélé Syndicate.

Informations pratiques:
Les 16 et 17, 23 et 24 août 2024
Cour de la Valsainte, Vevey
www.aqv.ch

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A m'assoir sur un banc2

À m’asseoir sur une chaise et m’attabler avec vous

et regarder le spectacle tant qu’il est là. L’association Midi théâtre propose une aventure culturelle et gourmande au sein de dix théâtres romands: déguster un bon plat et assister à la représentation d’une pièce, conçue spécialement pour le midi. C’est au Reflet, à Vevey, que j’ai eu la chance d’apprécier À m’asseoir sur un banc, ainsi que le repas qui l’accompagnait. Retour sur une expérience inhabituelle et conviviale.

Texte de Jeanne Möschler

Bientôt midi quinze. Les gens s’attablent à leur gré dans la salle, sourient, se saluent et le cliquetis des couverts se mêlent aux voix et bruits de conversation. On parle du temps qu’il fait dehors, de ce qu’on fait dans la vie, de si on est déjà venu ici. Les courgettes fondantes, la feta goutue et le riz vénéré – croquant juste comme il faut, viennent accompagner tendrement les paroles prononcées la bouche pleine. Après une brève annonce de la part de Brigitte Romanens-Deville, directrice du théâtre Le Reflet, le public est invité à tourner les chaises en direction de la scène et à profiter du spectacle. Aujourd’hui, c’est une pièce écrite par Yann Guerchanik et mise en scène par Primo d’abord qui sera jouée. Deux inconnus sur un banc, qui parlent de la pluie et du beau temps. Un sujet de conversation qui paraît au début très banal, mais qui montre, qu’au moins, il y a quelqu’un avec qui partager la pluie… car si l’autre n’est plus là, la pluie, on peut se la garder pour soi. Ils parlent des passants, puis d’eux, de leur métier, du comédien qui, une fois qu’il est descendu des planches, n’est plus rien, de sa fille et de sa mère, et de la mer. Les phrases sont bien tournées et la saveur de la langue se mêle à celle du repas que l’on a mangé juste avant. C’est à la fois très simple et très beau, cette conversation sur un banc entre deux inconnus qui deviennent étrangement familiers.

Photo: Carlo De Rosa

Les applaudissements sont chaleureux, les parois de bois contre les fenêtres sont ôtées, la lumière blanche d’un mercredi de décembre teinte à nouveau la salle. Une belle parenthèse entre le matin et l’après-midi. Le temps d’une heure, les comédiens ont réussi à nous emmener avec eux sur le banc du parc, et plus loin encore, dans leur rêverie, leurs pensées et leur dialogue échangé. Le public est content, cela se voit aux mines réjouies et aux bribes qui me parviennent du coin de l’oreille – ‘on en est tout ragaillardi’, ‘c’était si beau à voir’, ‘ils nous ont vraiment emmené ailleurs’. Les deux comédiens Yves Jenny et Vincent Rime viennent saluer leur famille et ami∙e∙s dans le public et manger également un morceau. À la table d’à côté Brigitte Romanens me parle du Midi théâtre et de l’intérêt de cette expérience pour le public et pour les artistes. D’un côté, c’est une manière originale de vivre un moment chaleureux, de découvrir de nouvelles pièces, de passer un midi plus palpitant qu’un simple sandwich sur un banc. Les spectateur∙ice∙s sont d’ailleurs nombreux∙ses à se rendre dans les différents théâtres où sont jouées les pièces. Ce sont ici des personnes âgées, trop fatiguées pour aller au théâtre le soir, là des collègues de bureau, ou encore là-bas des connaissances des artistes. Pour les comédien∙ne∙s, c’est une belle occasion pour se produire dans des institutions connues de Suisse romande, appréhender une autre manière de jouer et savoir s’adapter aux contraintes (taille de la scène, durée, bruits des couverts, public) qui varient selon les lieux. La directrice du Reflet raconte en riant qu’une fois, la pièce s’était à la fin déroulée sous la table, avec des cuillères de dessert que les artistes glissaient dans la bouche des spectateur∙ice∙s. Une grande liberté est donc laissée à la mise en scène: l’ordre entre la pièce et les plats, la disposition des tables, et la manière dont le public et les artistes peuvent interagir ou pas peuvent varier selon les spectacles. Ce concept de Midi théâtre a aussi permis à quelques compagnies de présenter le soir une pièce écrite pour le midi. C’est donc un moyen de se faire connaître et de développer des projets artistiques.  Brigitte conclut en disant que les retours sont globalement toujours très positifs, car ce moment inhabituel rassemble des gens contents d’être là et qui sentent qu’ils vivent un moment hors du temps.

Un conseil, donc: si vous mangez votre repas de midi sur un banc, parlez avec la personne qui s’assied à côté de vous, même si c’est juste du mauvais temps. Et s’il n’y a pas de banc, venez-vous asseoir sur une chaise de l’un des théâtres romands et profiter d’une heure culturelle, gourmande et conviviale!

 

Prochaine pièce:

Le Club du Homard
Cie Pied de Biche (associé au Théâtre de l’Ecrou)

Toutes les dates de Midi théâtre sur:

miditheatre.ch/programme/banc.html

Théâtre

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L'Ombra - scène

L’Ombra – l’aventure d’un opéra jamais mis en scène

Une minute, une heure, qu’est-ce que c’est? C’était le temps, samedi dernier sur la scène du Reflet – Théâtre de Vevey, de raconter une histoire, celle de l’amour impossible de deux adolescents, Wolfango et Marguerite. Wolfango, devenu des années plus tard un étudiant sans âge halluciné. Marguerite, emportée si jeune par la maladie, qui revient à lui sous la forme d’une ombre pour lui faire raconter cet amour et en faire le deuil.

Texte de Katia Meylan
Propos recueillis lors de la rencontre publique avant la pièce, avec Luc Birraux, metteur en scène. Rencontre menée par Brigitte Romanens-Deville, directrice du Reflet

L’Ombra n’avait jamais été mise en scène, mon travail a donc simplement été de raconter cette histoire”, pose modestement le metteur en scène Luc Birraux.

S’il est des opéras pour lesquels on compte des centaines – si ce n’est des milliers – d’interprétations scéniques différentes, il existe aussi des œuvres encore inconnues même des mélomanes. C’est le cas de L’Ombra, une œuvre du compositeur Ugo Bottacchiari, écrite dans la tradition des grands mélodistes italiens au 20e siècle, tombée dans l’oubli et aujourd’hui portée à la scène par la toute jeune compagnie Operatic. Le “tuyau” était venu de la professeure de chant de Louis Zaitoun, ténor passionné qui a désormais pu ajouter le rôle de Wolfango à son répertoire.
L’histoire a commencé comme une quête: Quelque part, dans le petit village de Castelraimondo en Italie, se trouve un manuscrit dont il n’existe qu’un seul enregistrement, et que personne n’a jamais encore mis en scène…

Une fois la photographie de la partition en poche et de retour de voyage, la compagnie découvre une œuvre à la forme inhabituelle: tandis qu’à l’époque d’Ugo Bottacchiari, la tendance était plutôt de faire se dérouler un maximum d’actions dans des lieux exotiques et de déployer sur scène des décors fastes et une troupe nombreuse, le compositeur, alors encore étudiant, signait un opéra de chambre en un acte, en huis clos, pour deux solistes et un chœur de quatre femmes.

Luc Birraux et le chef d’orchestre Antoine Rebstein, cofondateurs de la Cie Operatic, imaginent pour cette pièce un accompagnement mobile, adaptable à différents lieux. Ils commandent au Lausannois Kevin Juillerat une réduction d’orchestre, interprétée par douze instrumentistes de la Camerata Ataremac. Quant au livret existant, assez succinct, il est étoffé par la librettiste Sabryna Pierre et livre la raison de cet amour impossible.

L'Ombra: les acteurs sur scène

Photos de Lauren Pasche.

La mise en scène moderne et captivante de Luc Birraux souligne la dimension actuelle de l’opéra de Bottacchiari. Ses choix rendent L’Ombra à la fois accessible et foisonnante d’éléments sur lesquels s’arrêter. Le contact n’effraie pas ses chanteur-euse-s; ainsi, un ceinturage musclé des infirmières ou un baiser passionné des amants chevillent au corps les sentiments distillés par la musique. Louis Zaitoun impressionne tant par son timbre clair que par l’aisance de ses mouvements et la sincérité de ses expressions, graves et comiques. Car oui, on trouve aussi quelques traits d’humour dans cette mise en scène au sujet dramatique: la scène où Wolfango est mené à raconter son histoire au micro devant un public grignotant du pop-corn pourrait sembler cynique; elle nous est au contraire apparue touchante et prêtait à sourire, précisément grâce à l’expressivité du ténor et aux attitudes des choristes et des deux danseuses.

L’Ombra est ainsi à la fois une découverte pour les mélomanes et une porte d’entrée dans le monde lyrique pour les non-initiés, de par sa courte durée d’une heure, sa modernité et par la beauté de ses mélodies.

Une représentation reste à venir:

L’Ombra
Samedi 12 mars 2022 à 20h
Théâtre Bicubic, Romont
operatic.ch

Classique et opéra

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