#saison

OSR Seul Horizontale_Credit Niels Ackermann

OSR, saison 2025-2026 – L’apport humain

En dévoilant hier la saison 2025-2026 de l’Orchestre de la Suisse Romande ainsi que les coulisses de sa réflexion, le directeur général Steve Roger et la déléguée artistique Inès de Saussure nous ont permis de mieux comprendre certains enjeux auxquels fait face l’orchestre, tout en mettant en avant le facteur humain derrière la « machine », et bien-sûr, en faisant rêver avec une trépidante programmation musicale qui panache classique et contemporain, stars et jeunes talents, salles de concert et plage.

Texte de Katia Meylan

Les grands, ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent ! Eh bien non, depuis le temps, on sait qu’être grand ne nous empêche pas de faire face à des contraintes et des compromis. Dans la culture, c’est pareil : on peut être une institution installée comme l’Orchestre de la Suisse Romande, et ne pas pouvoir réaliser tous ses désirs artistiques en un claquement de doigts.

Pour cause de déficit budgétaire (qui reste maitrisé, rassure Steve Roger), l’OSR a dû renoncer à une belle idée, celle de centrer la résidence artistique annuelle sur le Victoria Hall en invitant un∙e concepteur∙ice lumière à réinventer l’espace. Personne ne succédera donc, cette année, à la saxophoniste Valentine Michaud, en résidence dans la saison actuelle 2024-2025. Qu’à cela ne tienne, l’orchestre peut être fier d’une saison qui s’annonce magnifique !

OSR conférence de presse Magali_Dougados

Le journaliste Julian Sykes, la présidente du conseil de fondation Charlotte de Senarclens, Inès de Saussure et Steve Roger lors de la conférence de presse du 10 mars 2025.  Photo: Magali Dougados.
Photo de haut de page: Niels Ackermann

Jonathan Nott, l’esprit insufflé

Cette saison, la dernière de Jonathan Nott clôturant un mandat de huit ans, contient toute l’expression de sa patte. Les derniers concerts que le chef dirigera en ses qualités de directeur musical et artistique sont d’ailleurs représentatifs de l’esprit qu’il a insufflé à l’orchestre. Les 3 et 4 septembre, il dirigera notamment Harold en Italie de Berlioz, une œuvre qui fait la part belle à l’alto, et qu’il attribue à Elçim Özdemir, première altiste et membre de l’orchestre depuis 1998, traduisant son souhait de mettre en avant les solistes de l’OSR. Les concerts des 17 et 18 décembre, quant à eux, le verront interpréter un programme de 2h40 mêlant contemporain et classique, avec la pièce pour guitare et groupes instrumentaux dispersés dans l’espace Grabstein für Stephan de Kurtág, le Concerto pour violon et orchestre N° 1 en sol mineur de Bruch et le Requiem de Mozart. Il y met également à l’honneur la jeunesse, en invitant un tout jeune talent, la violoniste japonaise Himari, quatorze ans.

Chef∙fe∙s invité∙e∙s

Si l’OSR n’a pas encore élu celui ou celle qui reprendra la direction artistique, les discussions sont en cours et il y a actuellement plusieurs candidat∙e∙s en lice. Un tel choix ne peut pas se presser, note Steve Roger, et en attendant, le fonctionnement de l’orchestre permet de voguer sans crainte sous la direction des chef∙fe∙s invité∙e∙s de la saison 2025-2026. Pour désigner un∙e chef∙fe attitré∙e comme pour en convier ponctuellement, l’OSR est en concurrence avec les plus grands orchestres du monde et souvent, les chef∙fe∙s les plus prisé∙e∙s partagent leurs saisons entre New York, Vienne, Chicago ou encore Genève. C’est le cas notamment de Karina Canellakis, qui vient tout juste de diriger le New York Philharmonic, et que l’OSR se targue d’avoir pu inviter pour les concerts des 3 et 4 décembre 2025, malgré son planning chargé.

L’OSR, qui tend de plus en plus vers la parité homme/femme dans ses invitations, accueillera également la chef Mirga Gražinyte-Tyla. Les 20 et 21 mai 2026, elle dirigera notamment Les Quatre Éléments du compositeur suisse Frank Martin, écrit à l’occasion du 80e anniversaire d’Ansermet et créé par l’OSR lui-même, en 1964.

Mirga Grazinyte-Tyla

Mirga Grazinyte-Tyla. Photo: Frans Jansen

Karina Canellakis. Photo: Mathias Bothor

S’amuser

En plus des programmes pour les mélomanes aguerri∙e∙s, l’OSR développe également des propositions plus grand public. La saison à venir verra notamment l’avènement des Doudou-Concerts, des programmes d’une trentaine de minutes destinés aux enfants de six mois à trois ans et à leurs parents, durant lesquels les bébés peuvent déambuler librement autour de deux instrumentistes de l’OSR.

Les Tableaux d’une Nouvelle Exposition, les 17 et 18 janvier 2026, seront l’occasion de projeter des créations réalisées par les étudiant∙e∙s du Bachelor Illustration de la HEAD, sur les compositions de Moussorgski, Hans Zimmer et la compositrice suisse Sandrine Rudaz. (L’Agenda avait rencontré Sandrine Rudaz en novembre 2024. Voir l’article.)

Sans oublier le festival Genève-Plage et son trio de soirées open-air au bord du lac les 21, 22, 23 août, avec un concert classique, un concert jazz avec des arrangements de tubes de Frank Sinatra, et un ciné-concert sur le film Un Américain à Paris, dont la musique est signée Georges Gershwin.

La suite de la saison actuelle ainsi que la saison 2025-2026 sont à retrouver sur :

www.osr.ch

 

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Millennium

Millennium – une expérience en écosystème

Des reflets d’or chatoyant dans le début de soirée flirtent avec le ciel, rebondissent dans les rétroviseurs, contredisent l’autoroute et sa morosité. Il suffira, un soir, de dévier son itinéraire de retour chez soi pour entrer au Millennium et l’on y trouvera… de la culture.

Texte et propos recueillis par Katia Meylan

L’endroit se donne des airs de Las Vegas, avec sa fontaine, son vaste hall d’entrée peuplé d’écrans géants et ses ascenseurs immaculés. L’idée derrière la construction du Millennium à Crissier (VD), ouvert au mois d’août 2022, était avant tout de proposer des espaces de travail, de congrès et de networking aux entreprises. En parallèle à cette fonction commerciale, le centre a son écosystème propre qui comporte un café, une brasserie, une épicerie, un simulateur de golf, une cave à vin, des espaces événementiels mais aussi une librairie ou encore une galerie d’art dont l’accrochage change tous les deux mois.

La destination

Son Auditorium, à la pointe de la technologie, débute cet automne sa première saison culturelle. « Maintenant que les services pour les entreprises sont en place, il était temps d’ajouter la culture à cet agenda », affirme Nicolas Charré, directeur artistique. Les événements s’adresseront aux entreprises comme au grand public. « On souhaite se démarquer du reste de l’offre culturelle de la région, déjà très riche, en proposant l’expérience d’une ‘destination Millennium’, où l’on peut se parquer, faire un tour à la galerie, profiter de la formule dîner-concert à la brasserie tenue par le chef Fabien Foare, 15/20 Gault-Millau, avant d’aller au spectacle. »

Nicolas Charré

La programmation culturelle

Pour concevoir sa programmation en trois axes – classique, spectacle et conférence – Nicolas Charré trouve l’inspiration dans les capacités audiovisuelles immersives de l’Auditorium. « On encourage les artistes à concevoir ou à adapter leur spectacle pour qu’il s’enrichisse au contact de la technologie du Millennium, pour que le public trouve ici un show qui ne sera pas le même qu’ailleurs ». C’est le cas du spectacle Joie sauvage de Nicolas Fraissinet, qui jouera à Crissier la première date de sa tournée, le 21 janvier 2025. Le concert piano-voix repose également sur une immersion vidéo, « rendue possible par un écran de 24 mètres par 4, où seront diffusées des images de forêt et d’animaux », se réjouit le programmateur. Le spectacle Beatles Factory, prévu le 20 mars 2025, rendra quant à lui un hommage musical et narratif au groupe de rock anglais, grâce à la diffusion d’archives. « Et pour les conférences, on suit la même ligne directrice: on se rapproche de disciplines qui ont des images impressionnantes, telles que les sports de montagne, de mer ou encore l’astronomie ».

Dans le business comme dans l’art, rien ne vaut le travail d’équipe. Ainsi, Nicolas Charré a conçu l’axe classique de sa saison en collaboration avec le violoniste Renaud Capuçon. « Avec sa société BeauSoir Production, Renaud met en valeur la nouvelle scène de la musique classique, et la transmission est une valeur dans laquelle se retrouve le Millennium. Tous les concerts que l’on va recevoir l’année prochaine, trios, quartettes, quintettes ou piano solo, sont ses propositions », explique Nicolas Charré.

Renaud Capuçon ouvrira lui-même le tout premier concert de la saison culturelle du Millennium ce 28 novembre 2024, en compagnie du pianiste Guillaume Bellom, dans des œuvres de Mozart, Beethoven et Richard Strauss. Il la clôturera le 27 novembre 2025 avec le pianiste Paul Zientara.

Informations pratiques :
Concert inaugural avec Renaud Capuçon et Guillaume Bellom
Jeudi 28 novembre 2024 à 20h
Millennium, Crissier

Toute la saison à venir sur : www.millennium.ch

Montreux Jazz Club Millennium

Le centre de Crissier recèle également un autre lieu de musique, à peine plus âgé que son cadet d’Auditorium : le Club, lancé en janvier 2024 et devenu en septembre dernier le Montreux Jazz Club Millennium. Nicolas Charré en est également le programmateur, cette fois en partenariat avec une équipe du Montreux Jazz Festival.

Avec plus de 25 concerts sur l’année, les deux entités ont à cœur d’offrir un lieu intimiste où venir écouter à la fois des têtes d’affiches comme Manu Katché ou Marcus Miller, mais aussi des artistes émergent·e·s, à l’image de la chanteuse soul Nnavy, révélation suisse du Montreux Jazz Festival.

Si les soirées sont pour la plupart destinées aux membres du club – plutôt sélect, certaines sont gratuites et ouvertes au public. La prochaine : le cover band What The Funk, mercredi 27 novembre 2024 à 20h.

www.mjclub-millennium.ch

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Suisse chérie

Grand-Champ – Ouverture de saison!

Le Théâtre de Grand-Champ à Gland fête sa nouvelle saison en 4 jours!

Ainsi, le public peut prendre un pass pour tout voir, ou aller seulement voir ce que bon lui semble parmi le programme, qu’il soit entre adultes ou en famille:

  • Seul en scène humoristique de Simon Romang
  • Concert-afterwork du groupe Suisse Chérie
  • Conte musical  Il était une fois le violon, accessible dès 3 ans
  • Comédie musicale tout public Les Voyages de Gulliver pour (et avec, hehe ;) petits et grands

Ainsi qu’un vernissage d’expo, des ateliers et des stands où se retrouver pour un moment convivial.

Informations pratiques:
Du jeudi 26 septembre au dimanche 29 septembre 2024
Théâtre de Grand-Champ (extérieur et intérieur), Gland
www.grand-champ.ch

 

En collaboration avec le service culturel de la Ville de Gland

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Partage inconditionnel de la musique au Rosey Concert Hall

Prendre un billet pour un concert en hommage à Freddy Mercury ou pour le Requiem de Mozart et ne payer que 10 francs – sans avoir à justifier de son âge ou de son statut – c’est pour le moins inattendu ! C’est pourtant ce que propose le Rosey Concert Hall depuis cette année, pour sa 11e saison.

Texte : Katia Meylan
Interlocutrice : Marie-Noëlle Tirogalas, directrice du Rosey Concert Hall

Depuis dix ans, l’équipe du Rosey Concert Hall poursuit le but de partager la musique avec le plus grand nombre : en soutenant par exemple des projets d’étudiant∙e∙s de l’HEMU en tournée dans des EMS, ou encore en invitant les écoles de La Côte aux concerts pour 10 francs par élève. Cette année, elle franchit un nouveau cap, tant financièrement qu’idéologiquement, en fixant ce même prix symbolique de 10 francs pour tous les spectateurs et spectatrices, sans condition.

« Après la 10e saison, on a fait le point et on s’est demandé quel était le prochain pas. Cette décision est l’évolution des démarches d’accessibilité renforcées ces deux dernières années. Et de notre côté, cela nous évite de faire la police pour savoir qui ‘mérite’ ce tarif », relate Marie-Noëlle Tirogalas.

Si, comparée aux apports des mécènes et sponsors, la billetterie ne représentait pas une grande part du budget, nous apprend la directrice, elle y contribuait tout de même en partie. Deux soirées de gala resteront donc aux prix du marché afin de soutenir le reste de la saison : le concert du violoncelliste Yo-Yo Ma et le récital de la soprano Sonya Yoncheva. Pour la plupart des concerts, filant la logique de proximité et de communauté, le Rosey Concert Hall a privilégié les invitations aux ensembles locaux tels que l’Orchestre de la Suisse Romande, L’Orchestre de Chambre de Lausanne, le Geneva Camerata et l’Orchestre Symphonique de Lucerne. Sans se limiter aux tarifs, la réflexion globale porte sur ce que ces saisons musicales peuvent apporter à la culture romande, à la région, aux élèves.

Geneva Camerata, Revolta © Yannick Perrin

Geneva Camerata, Revolta © Yannick Perrin

Pour les 400 élèves du Rosey, ces soirées feront partie du calendrier académique, et les 500 autres places que compte la salle seront ouvertes au public extérieur. « Le fait d’avoir rendu ces rendez-vous obligatoires pour nos élèves nous encourage d’autant plus à réfléchir à des programmes qui vont leur plaire, percutants, avec une dimension éducative. La Turangalîla-Symphonie de Messiaen, par exemple, n’est pas l’œuvre la plus facile d’accès mais ils seront préparés à l’écoute d’une symphonie contemporaine. À l’inverse, le Requiem de Mozart, qui est très connu et ne dure que 40 minutes, permettra à la fois d’aborder ce qu’est un requiem et d’en découvrir une réponse par un compositeur vivant, Fazil Say, qui sera jouée en première mondiale ». Marie-Noëlle Tirogalas mentionne aussi le ciné-concert Psychose, film culte dont le suspense et porté en grande partie par la musique.

Les sept concerts de la saison sont autant d’univers sélectionnés avec soin par l’équipe du Rosey Concert Hall. « Maintenant, on n’a qu’une hâte, c’est de retrouver le public pour la reprise le 6 septembre ! », se réjouit-elle.

Rosey Concert Hall, 11e saison – Partageons la passion de la musique !
Premier concert: « Night of Queen » le 6 septembre 2024
Tout le programme sur www.roseyconcerthall.ch

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Théâtre de l'Orangerie

La saison TO! au Théâtre de l’Orangerie

13 spectacles, 18 concerts, 14 sessions DJ, 9 ateliers et 140 artistes et intervenant∙e∙s sont au programme de la nouvelle saison du Théâtre de l’Orangerie. Dirigée désormais par le duo Céline Nidegger et Bastien Semenzato, cette institution genevoise au cœur du parc de La Grange ouvrira ses portes avec un focus sur la création locale et la célébration d’audacieux mariages artistiques. La joueuse programmation du 12 juin au 8 septembre 2024 sera également jalonnée par des rendez-vous festifs et culinaires aussi bien dans le potager que dans la buvette.

Texte et propos recueillis par Eugénie Rousak

L’Agenda: Un duo à la tête d’une programmation n’est pas chose habituelle, même si Genève en a déjà connu quelques-uns. Pourquoi avoir voulu se lancer à deux avec votre conjoint Bastien Semenzato?

Céline Nidegger: Nous sommes en couple depuis 17 ans et très rapidement après notre rencontre nous avons commencé à travailler ensemble. En 2009, nous avons fondé la compagnie Superprod, avec laquelle nous avons mené différents projets de collaboration avec d’autres artistes et associations, toujours dans cette volonté de célébrer des mariages audacieux en mettant nos compétences en commun. Durant ces années, nous avons également eu la chance de jouer à plusieurs reprises au Théâtre de l’Orangerie et avions toujours été séduits par ce lieu exceptionnel, niché au cœur du parc. Et parfois, dans les discussions en fin de soirée sous les étoiles, nous disions en plaisantant vouloir faire une saison au TO. Donc en voyant la mise en concours de la
direction, nous avons immédiatement été intéressés, non pas pour une ambition de gestion, mais surtout pour accentuer notre lien fort avec ce lieu unique!

En comparaison avec le fil directeur suivi par votre prédécesseur Andrea Novicov, quelles thématiques voulez-vous apporter à cette saison?

Nous avons envie de regrouper des projets très ludiques, avec pas mal de fraîcheur, tout en provoquant des réflexions et des échanges, sans pour autant suivre une thématique spécifique, contrairement à Andrea qui avait cet attachement à l’écologie. Bien entendu, l’écologie est également au cœur de nos réflexions, mais avec un impact pratique et logistique dans le fonctionnement interne du théâtre plutôt qu’en véritable axe artistique.

Et sans parler de thématique, quels nouveaux éléments avez-vous voulu intégrer dans la programmation?

Nous avons décidé de mettre l’accent sur les ateliers, toujours dans l’idée de se concentrer un peu plus sur du concret. Ainsi, cette saison compte 9 ateliers, aussi bien de vie pratique, qu’en lien avec les métiers qui font le théâtre. Nous avons, par exemple, plusieurs rendez-vous pour réparer son vélo, des cours de couture, des sessions de fabrication de lampes solaires en partenariat avec la MACO ou encore des sessions cueillette/cuisine des produits du potager avec La Libellule. Côté artistique, Serge Lowrider, qui a créé les logos, donnera un cours de sign painting, alors que l’illustratrice Sarah André animera un atelier autour du slogan. Ainsi, les liens entre le public et les artistes, le public et le public, les artistes et les artistes se créeront naturellement.

Vous avez centré cette saison autour de la création locale. Comment avez-vous construit la programmation?

Bien ancrés dans le terreau local depuis 20 ans, nous avons puisé dans cette richesse. Globalement, nous nous sommes tournés vers des artistes qui accordent une grande importance à l’humain et mènent des réflexions essentielles sur des thématiques de société, tout en gardant cette légèreté esthétique. Sur les 13 spectacles proposés principalement par des compagnies genevoises et quelques lausannoises, nous avons 7 créations et 6 accueils.

En parlant des créations, vous avez également organisé un concours, remporté par la pièce écrite par Wave Bonardi et Julia Portier de la Compagnie des Plaisantes.

Oui, nous avons fait une mise en concours pour une création inspirée d’une œuvre classique. Au total, nous avions reçu 22 dossiers, classés ensuite par les élèves du conservatoire préprofessionnel de Genève. Finalement, c’est une proposition malicieuse et réjouissante autour de Betty Bossi qui a été choisie!

Signé Betty

Signé Betty, Compagnie des Plaisantes ©Aline Zandona

Quels sont les autres rendez-vous un peu atypiques et particuliers de cette saison?
Nous allons accueillir Le Cabaret Bon et Tonifiant (B.E.T) pour cinq représentations à l’air libre autour de l’humour alternatif, et trois spectacles destinés au jeune public sont à l’affiche. Comme les années précédentes, Maël Chalard proposera une programmation musicale, mettant en avant une diversité locale.

Le théâtre est également apprécié pour ses activités en dehors de la programmation, comme la buvette du TO et le potager. Des changements?

Pour la création du potager, nous continuons de collaborer avec La Libellule, qui fait un travail incroyable pour créer ce cadre végétalisé. Et pour la buvette, nous
avons une nouvelle équipe qui proposera encore de la nourriture locale avec des options végétariennes. Nous allons installer un kiosque au cœur du potager et un nouvel espace sera aménagé en partenariat avec l’Hepia – Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève. Bref, quelques changements dans le cadre à découvrir!

Saison estivale TO!
Du 12 juin au 8 septembre 2024
Théâtre de l’Orangerie, Genève
theatreorangerie.ch

Article paru dans L'Agenda papier Présentation de saison

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1001 Harmonies

La vie à deux pianos, à milles histoires, à 1001 Harmonies

Ailleurs, l’herbe est simplement d’une autre teinte, et c’est un sentiment différent lorsqu’on s’y étend pour se faire conter 1001 Harmonies. Cela vaut bien un détour à Neuchâtel, où les pianistes Myassa et Francisco Leal présentent leur 2e saison de concerts ainsi intitulée: 1001 Harmonies, d’un joli mélange entre la musique qui les fait vibrer et leurs histoires de rencontres et d’amitiés.

Texte et propos recueillis par Katia Meylan

Myassa est neuchâteloise, Francisco est colombien. Frayés par la passion du piano, leurs chemins se rejoignent à la Haute École de Musique de Genève à Neuchâtel. Et là… c’est le coup de foudre musical? “Ce qui t’a plu, c’est plutôt que je te faisais rire, non?”. Coup d’œil malicieux de Francisco à sa complice. Dans leur appartement, leur photo de mariage orne le mur du salon, non loin d’un grand piano à queue et d’un chat qui se prélasse sur le tabouret.

Actif dans diverses branches qui prennent toutes leurs racines dans la musique (solistes, enseignants, organiste titulaire pour Francisco, médiatrice culturelle pour Myassa), le couple se rajoute une casquette lorsqu’il y a plusieurs années de cela, il imagine organiser sa propre saison de concert. L’initiative n’était pas un coup d’essai: “Pendant nos études, nous avons mis sur pied une journée de concerts, rééditée à plusieurs reprises, lors de laquelle nous engagions différents musiciens de la région », raconte Myassa. Un premier test qui fonctionne à merveille et sème l’idée. Quelques lieux inspirants, tels que l’Église St-Pierre, le Temple du Bas et bien sûr la fameuse Salle de musique de La Chaux-de-Fonds, leur fait souhaiter une saison qui appartienne à la fois à Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds. L’idée murit durant trois ans et en 2019 éclot la première édition de 1001 Harmonies

Pour une jeune saison, c’est une prise de risque immédiate. S’il prend la responsabilité de la programmation et de plusieurs concerts, le couple s’entoure de spécialistes, du graphisme à l’audiovisuel en passant par la communication, mettant les moyens à la forme. Et pour le fond, il convie des invité·e·s de marque: des premières suisses-romandes – notamment le violoncelliste Santiago Cañón, lauréat du concours Tchaïkovski – ainsi que des artistes au rayonnement international, citons le pianiste Arcadi Volodos ou le ténor Bernard Richter.

“Pour construire une programmation, on part des pièces que l’on aimerait entendre ou jouer. Le but est aussi de présenter au public des configurations variées, et de coupler d’autres arts à la musique”, s’accordent Francisco et Myassa. Entre eux, les idées fusent et les artistes inspirant·e·s à inviter ne manquent pas. Mais ce qui les guide, ce sont les histoires, les rencontres qui mènent au concert, les liens qui se créent. Pour eux, Arcardi Volodos ou Bernard Richter sont certes de grands noms, mais avant tout des amis.

flamenco 1001

Le Concert n° 4, intitulé Flamenco et ayant eu lieu en mars dernier, est un exemple amusant de leur fonctionnement au coup de cœur. “La rencontre avec le Barcelona Guitar Trio était un vrai hasard: on devait partir en vacances à Londres, et à cause d’un souci administratif, on s’est rendu compte une fois à l’aéroport que c’était impossible”, nous racontent-ils à deux voix. “On a regardé quel était le prochain vol, et à la place, on a pris nos billets pour Barcelone. Là-bas, on est allé au Palau de la Música, où on a vu ces musiciens et ces danseurs. C’était incroyable! On a tout de suite pensé à eux pour 1001 Harmonies, et à la fin du concert on est allé voir leur manager. C’était en 2018, avant même le début de notre première saison!”.
Un savant mélange entre la spontanéité qui caractérise le couple et la folle planification que requiert une saison classique, en somme!

Dès demain 29 avril, puis dimanche 1er mai, Myassa et Francisco seront eux-mêmes sur scène pour un récital intitulé La vie à deux… pianos, composé d’œuvres puisées dans le répertoire de leur sensibilité commune. En première partie de concert, ils interpréteront deux pièces classiques: la Suite pour deux pianos de Rachmaninov et la Danse macabre de Saint-Saëns. La seconde partie se fera latine, avec trois magnifiques tango nuevo de Piazzolla, rêveurs, romantiques, dramatiques, teintés de jazz et d’élans de courage. Le final sera une fête, avec un arrangement du Danzon n° 2, du compositeur mexicain Arturo Márquez, auquel le duo amène sa touche pianistique.

Parmi leurs prochains couple goals, l’envie de convier d’autres arts encore à leurs saisons. La danse reviendra pour sûr, dans de nouveaux pas de deux à quatre mains. Myassa la littéraire imagine également faire dialoguer, lors d’un concert, des grands textes classiques, des pièces musicales et les biographies des compositrices et compositeurs. Gageons qu’elle saura aisément convaincre sa moitié de ce beau projet…

La nuit est tombée depuis longtemps et on laisse Neuchâtel derrière nous, suivant des yeux les rails, avec en tête les notes entraînantes du Danzon interprété par Francisco et Myassa dans leur salon!

La vie à deux… pianos
Vendredi 29 avril à 19h30
Salle Faller, La Chaux-de-Fonds

Dimanche 1er mai à 17h
Temple du Bas, Neuchâtel

Tout le programme sur www.1001harmonies.ch


Article paru dans L'Agenda papier Classique et opéra

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