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Lorie

La Lorie Party, les retrouvailles des enfants des années 2000

Si rien n’est impossible « à 20 ans », alors à « 20 ans x2 », c’est « 20 ans de mieux, des souvenirs pleins les yeux ». Lorie l’a chanté, et l’a prouvé devant les 3000 spectateur·ices de la salle des fêtes de Thonex le vendredi 3 octobre et l’Alhambra le samedi 4 octobre. Les nostalgiques étaient au rendez-vous pour cette deuxième date de la tournée Lorie Party, dont la quarantaine de concerts affiche, pour la plupart, complet. « De Paris à Rio de Janeiro », en passant par Genève, Lorie a proposé un voyage dans l’espace et le temps, mélangeant les genres et les ambiances, du latino au zouk. 

Dans la salle, une grande majorité de femmes d’une trentaine d’années. Comme moi, elles ont dansé et chanté à tue-tête les chansons de Lorie dans leur chambre d’enfant, reproduisant les chorégraphies de ses clips tout comme ses tenues en jean qu’on aimait tant. En 2001 sortait le premier album Près de toi, qui s’est vendu à un million d’exemplaires, certifié disque de platine. 2001 : où étions-nous cette année-là ? Dans quelle maison ? Quelle était notre situation familiale ? En regardant en arrière, on repense avec le sourire à cet âge où l’insouciance guidait nos journées, où on n’avait pas à se soucier de grand chose à part faire ses devoirs et négocier avec ses parents pour rester dormir chez sa meilleure amie. 

Parmi toutes ces trentenaires retournées en enfance, j’étais là moi aussi, aux côtés de celle qui partageait déjà mes chorégraphies improvisées. Ma meilleure amie, depuis que j’ai 3 ans. On s’est parlé un jour dans la cour de récré, et depuis, on ne s’est plus jamais quittées. Bien sûr, les années nous ont parfois séparées géographiquement, et nos cœurs ont fait de la place à d’autres amitiés fortes et sincères, sans jamais nous oublier. Malgré les années passées, lorsque nous avons vu que Lorie passait dans notre ville, on était aussi excitées qu’à l’époque. Revivre ce moment hors du temps et vivre ce rêve d’enfant : qui d’autre que Jade pouvait m’accompagner ? 

La chanson qui nous lie, « Ta Meilleure Amie » nous a transporté·es plusieurs fois durant la soirée : tantôt interprétée par Lorie, tantôt reprise en chœur par le public, d’abord dans une ambiance karaoké puis en version acoustique. Sur scène, seule avec son musicien Pierre-Laurent Faure, Lorie crée une ambiance intime et chaleureuse, sans artifices ni danseurs, simplement portée par l’énergie du public et un diaporama de photos personnelles et de clips d’autrefois projetés sur l’écran, nous replongeant dans les années 2000.  Le duo fait vibrer la foule dans une bulle de nostalgie, à son paroxysme lors du bain de foule de Lorie sur la dernière chanson, pour le plus grand plaisir des fans. Sa sincérité est touchante, sur scène comme à l’écran : la chanteuse de 43 ans se confie sans fard sur les émotions qui la traversent avant de monter sur scène.

Cette soirée ne pouvait pas mieux s’achever que par cette question totalement inattendue : « Acceptes-tu d’être mon officiante de cérémonie de mariage ? » Le bonheur, décidément, n’a pas d’âge.

Mélissa Henry

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Greatest Showman

The Greatest Showman – Au fond, quel est le plus grand des spectacles ?

The Greatest Showman, sorti au cinéma en 2017, fait partie de ces films qui ont contribué à populariser la comédie musicale au-delà des cercles de convaincus. Ses chansons sont des concentrés d’adrénaline feel-good qui restent en tête, son énergie est rassembleuse. Mais Phineas Taylor Barnum, l’entrepreneur dont s’inspire l’histoire, avait-il un profil aussi « Disney » que le film veut bien nous faire croire ? LYMPA, la compagnie genevoise qui investira le Bâtiment des Forces Motrices du 5 au 7 septembre 2025 avec son Concert spectaculaire The Greatest Showman, s’est passionnée pour cette histoire et a décidé de la raconter autrement.

Texte et propos recueillis par Katia Meylan

Ce n’est pas la première fois que LYMPA se donne pour défi de remplir les 1000 places du Bâtiment des Forces Motrices sur cinq représentations. En 2023, le public avait massivement répondu présent à son concert Young Broadway, qui avait réuni sur scène un orchestre symphonique de 100 musicien·ne·s autour de six solistes internationaux. L’année suivante, sa version immersive de la comédie musicale Tick, tick, BOOM ! se jouait à guichet fermé dans l’espace intimiste des 6 Toits. En septembre, le metteur en scène Ylan Assefy-Waterdrinker, la librettiste Katherine Sturt-Scobie, seize comédien∙ne∙s et vingt instrumentistes de la HEM sous la direction de Philippe Béran reviennent au BFM avec une histoire à raconter : celle du vrai P. T. Barnum.

Chercher ailleurs

« Ce qui est intéressant dans The Greatest Showman – c’est pareil dans Grease, par exemple – c’est que tout le monde aime ces chansons, mais quand on se penche sur le propos, il y a beaucoup d’aspects un peu problématiques aujourd’hui », relève Ylan Assefy-Waterdrinker. Le jeune homme raconte en avoir pris conscience notamment car, parmi les titres de la bande originale qu’il adore, un seul le laissait indifférent : Tight rope, chanté par Charity, la femme de Barnum. « Et ce n’est pas une mauvaise chanson, au contraire ! J’ai réalisé que cette chanson m’ennuyait car rien ne nous amenait à compatir avec ce personnage ». Tout au long du film, effectivement, Charity est mise en retrait alors que Barnum est dépeint comme un héros parti de rien, qui poursuivait ses rêves romantiques et qui, en mettant sur pieds ses freak shows, offrait un statut et une communauté bienveillante à des personnes marginales reniées par la société.

En prenant conscience que dans cette trame narrative, les rôles féminins n’existent que pour valoriser et étoffer les personnages du héros et de son acolyte, Katherine et Ylan décident de chercher ailleurs. « Je ne dis pas que toute œuvre doit forcément être réinventée, certaines permettent de rendre le contexte de leur époque. Mais là, on avait deux options : reprendre telle quelle l’option commerciale, ou développer une autre narration, d’après les personnages qui ont réellement existé », raconte Ylan.

Ni glorifié ni invisibilisé

Ainsi, en gardant pour fil rouge toutes les magnifiques chansons originales du film composées par Pasek & Paul – qu’on entendra lors du concert ! – Katherine s’est attelée à une réécriture du livret en français, une réinterprétation basée sur ses lectures de sources au sujet de Barnum, mais aussi des autres personnages du film, notamment la chanteuse lyrique suédoise Jenny Lind. « Disney fait du personnage de Jenny Lind une briseuse de couple, qui rompt son contrat faute d’obtenir la romance qu’elle espérait avec Barnum », déplore Katherine. « Dans la réalité, cette histoire de cœur n’a même pas existé ! Jenny Lind était une femme très religieuse, engagée dans de nombreuses causes caritatives. Elle s’était effectivement désolidarisée de Barnum, mais parce qu’il ne respectait pas les clauses de leur contrat. Il avait, par exemple, recours à un marketing agressif qui allait à l’encontre des objectifs philanthropiques de Jenny Lind. On pense même qu’il aurait vendu aux enchères des billets qu’elle avait initialement réservés à ceux qui n’auraient pas pu se permettre d’assister au concert autrement », raconte avec passion celle qui, pour écrire cette histoire, s’est plongée des heures de lectures biographiques.

Ylan et Katherine, que l’on a rencontrés lors d’une répétition à Genève

Katherine et Ylan partageaient donc l’envie de raconter l’évolution d’un homme tel qu’il était, avec ses nuances, ses bonnes et ses mauvaises actions, ses choix discutables, ses erreurs et ses efforts pour devenir un homme meilleur au fil de sa vie. Sans le glorifier, ni le sacrifier au regard de notre époque actuelle.

« Il  n’était pas parfait, mais il a changé. Et parfois, c’est ça le plus grand des spectacles sur terre »

Une réplique que Katherine fait dire
au personnage de Charity, narratrice de l’histoire dans
The Greatest Showman – Le concert spectaculaire

Le plus grand des spectacles

Par les codes de mise en scènes qu’adoptent Ylan et Katherine, la production de LYMPA fait le choix de se focaliser sur l’essentiel. Plutôt que des décors grandioses et réalistes, ce sont le jeu, la musique et la danse qui, par leur pouvoir « magique », viennent raconter, développer et faire évoluer les personnages. Pour Ylan, c’est précisément ça qui fait que la comédie musicale est comédie musicale… mais qui ne marcherait pas sans l’imagination du public. Tout comme Barnum misait sur l’illusion en mettant un homme très grand sur des échasses pour faire croire à un géant, en rembourrant les habits d’un homme corpulent et en le présentant comme l’homme le plus gros du monde, Katherine et Ylan veulent se servir de cette suspension momentanée de l’incrédulité, qui n’a lieu qu’au théâtre. « Le public, avec son imagination, accepte de faire la moitié du chemin. Le spectacle se créera ensemble », promet le duo, impatient.

The Greatest Showman – Le concert spectaculaire
Du 5 au 7 septembre 2025
Bâtiment des Forces Motrices, Genève
www.lympa.ch/fr/the-greatest-showman-2025

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