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Cathédrale de Lausanne plan large 1

La cathédrale de Lausanne vit ! Retour en images sur 750 ans d’histoire

Le 20 octobre dernier, Notre Dame de Lausanne soufflait ses 750 bougies : c’est à l’automne 1275 que Grégoire X, de passage à Lausanne au sorti du concile de Lyon, consacre la cathédrale à la Vierge Marie. Depuis, l’édifice connaît une vie culturelle foisonnante, et l’année 2025 est l’occasion d’y revenir au travers d’une multitude d’événements proposés par le comité d’anniversaire. Plongée dans les coulisses d’une exposition sur place, du 20 novembre au 31 décembre.

Texte et propos recueillis par Toscane Messerli

Vous l’avez sans doute vue passer ; sa couleur dorée attire l’œil. Depuis le mois de janvier de cette année 2025, l’affiche du 750e de la cathédrale de Lausanne est partout. Sandra Binder, sa graphiste, ne compte plus, au fil de sa carrière, les projets réalisés pour l’édifice. Elle a choisi de mettre à l’honneur pour cet anniversaire une image emblématique : la rose, dont les vitraux colorent depuis 1220 la croisée du transept.

750e

Karina Queijo, historienne et archiviste de la cathédrale, l’a compris : l’histoire du monument est surtout, pour les fidèles et les visiteur·euse·s, une histoire faite d’images. Alors, quand la commission du 750e lui demande de réaliser, avec Sandra Binder, une exposition in situ, l’idée germe : c’est par des images qu’on décide de raconter la longue vie de l’édifice.

Panneau rassemblant des photos prises pendant les fouilles archéologiques, entre 1909 et 1912

« Chacun·e doit y trouver son compte lors de la visite : un coup d’œil rapide aux grandes affiches peut suffire, mais celui ou celle qui souhaite s’approcher et découvrir plus en détail la sélection de Karina peut s’attarder sur les images plus petites et les textes ». C’est ainsi que peut découvrir, celui ou celle qui s’en va faire un tour dans la cathédrale en cette fin d’année, les panneaux installés dans les arcades aveugles trilobées avec, de manière non-exhaustive et dans le désordre : un calice orfévré du XVe siècle, une photo de la foule qui se presse contre le Portail peint lors du centenaire de l’Indépendance vaudoise, le 24 janvier 1898, ou encore un feuillet du Carnet de Villard de Honnecourt, maître d’œuvre qui esquisse la fameuse rose lors de ses pérégrinations au milieu du XIIIe siècle.

« L’idée était surtout de saisir la chance de rassembler des objets maintenant dispersés dans toute la Suisse, voire à l’étranger », nous dit Karina. Et, dans le cadre de cette exposition, sont effectivement présentés sur les murs de la cathédrale des archives photographiques, objets liturgiques, pages manuscrites ou imprimées pour le moins inédits, puisqu’ils reposent tranquillement, en temps normal, dans un coin de bibliothèque ou dans le dépôt d’un musée.

C’est d’ailleurs aussi en termes de liberté spatiale que Karina Queijo a pensé « 750 ans en images ». Le·la curieux·euse peut circuler à sa guise, grâce aux grands thèmes qui rythment le déploiement des images. Karina n’est pas passée à côté de l’essentiel. On y découvre des sections plus contextuelles, dédiées à la consécration de l’édifice ou à son succès dans la peinture de la ville, mais aussi un retour sur les emblèmes matériels qui ont contribués à fonder la réputation de l’édifice : son trésor, la lanterne reconstruite dès 1825, ou encore le Portail peint, dont la polychromie est toujours visible par endroits.

N’hésitez donc pas à venir admirer ces images connues et moins connues, présentées entre les murs d’un lieu unique, et de prolonger ensuite la balade jusqu’à un stand de vin chaud sur l’une des places de la ville !

Nous avons adapté fidèlement certains propos cités à partir d’un entretien avec Karina Queijo et Sandra Binder.

750 ans en images
Du 20 novembre au 31 décembre 2025
Cathédrale de Lausanne
www.cathedrale-lausanne.ch/accueil/agenda/agenda/news/750-ans-en-images

Événements à venir:

Organissima & Lux
Concert en lumière
Du 27 décembre au 4 janvier 
Lien de l’événement

Mais aussi: Concert de gospel, concert d’oeuvres à cappella, visites, expériences sonores… tout le programme sur: www.l-agenda.ch/lieux/cathedrale-de-lausanne

Exposition

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Instantanés botaniques © Flying Focus : Yvon Labarthe

Le « Collector » du bicentenaire

Si 2017 marquait les 200 ans du Jardin botanique, en 2024 c’est le tour du Conservatoire de célébrer son bicentenaire durant toute l’année. Fondée en 1824 aux Bastions par le savant genevois Augustin-Pyramus de Candolle, l’institution a finalement déménagé au début du 20e siècle et occupe depuis les lieux de l’autre côté du lac. Cette année anniversaire est donc l’occasion de revisiter ses espaces extérieurs et plonger dans les secrets de ses sous-sols, ainsi que de sortir du jardin, suivant les traces de verdure laissées dans la ville. Échange avec le conservateur Martin Callmander.

Texte et propos recueilli par Eugénie Rousak

L’Agenda: Quels étaient les changements majeurs dans les activités du Conservatoire le long de cette histoire bicentenaire ?

Martin Callmander : Selon moi, il est surtout question d’une évolution technologique. Notre fondateur Augustin-Pyramus de Candolle avait décrit de nombreuses espèces, utilisant les moyens disponibles à son temps. Avec très peu de matériel et de ressources, il a commencé un ambitieux Prodromus, sorte de catalogue de toutes les plantes connues de l’époque, terminé par sa descendance. Aujourd’hui, le Conservatoire évolue avec son temps et les possibilités actuelles, comme notamment les différentes techniques liées à l’ADN, venues progressivement compléter l’analyse morphologique du vivant. Désormais, nous pouvons mieux retracer et comprendre les relations entre les plantes.

Quelles évolutions voyez-vous dans les activités du Conservatoire et Jardin botaniques de Genève (CJBG) les prochaines années ?

Avec la crise mondiale de la biodiversité, nous sommes au premier plan pour tenter de répondre aux questions cruciales de l’extinction en masse et du changement climatique. C’est donc dans cette direction de protection de la nature que le Conservatoire oriente ses activités. Pour donner un exemple, actuellement nous travaillons étroitement avec la Ville de Genève pour mettre en place différents plans d’actions en faveur de la biodiversité en milieu urbain.

Et pour rentrer au cœur de la célébration, pourquoi avez-vous décidé d’organiser les événements tout au long de l’année et comment la programmation Collector s’est-elle construite ?

Nous avions déjà présenté une grande exposition à l’occasion des 200 ans du Jardin, donc nous voulions proposer un format original et différent pour le bicentenaire du Conservatoire. Nous nous sommes donc mis autour d’une table pour construire ensemble une programmation qui présenterait les nombreuses facettes de nos activités et du patrimoine institutionnel. L’idée de cette année Collector est donc de montrer tout ce qui se passe dans les coulisses, car les bâtiments sont relativement peu souvent ouverts au public. Par exemple, les « Variations botaniques » du mardi permettent de découvrir les collections en compagnie de nos experts, « Drôles de métiers ! » entrouvre le secret de la diversité de métiers que nous avons, alors que les différentes conférences données dans l’iconique serre tempérée proposent de découvrir une thématique dans une atmosphère végétale assez exceptionnelle.

Photos: Conférence au vert
© Conservatoire et Jardin botaniques de Genève 
Photo de haut de page: Instantanés botaniques
© Flying Focus: Yvon Labarthe

Vous avez également organisé cinq expositions sur le site des CJBG, dont La gravure botanique en collaboration avec la Fondation Martin Bodmer. Quelles sont les synergies entre vos deux institutions ?

La grande fierté du Conservatoire est son patrimoine et notamment sa bibliothèque. De son côté, la Fondation Bodmer dispose également d’ouvrages exceptionnels. Malheureusement, ces prestigieuses collections sont souvent difficilement accessibles au public. D’autant plus actuellement, la Fondation Bodmer étant fermée pour rénovation. Nous avons donc décidé de collaborer et présenter sur de grands portiques dans le Jardin 30 magnifiques illustrations de plantes sorties de nos ouvrages, datant du 15e au 19e siècle. Nous voulons ainsi rendre hommage aux dessinateurs et graveurs de talent, et ainsi mettre en avant la beauté artistique au-delà d’une analyse scientifique. Cela dit, les ouvrages botaniques originaux de la Bibliothèque sont également présentés au public lors de trois événements, les 12 septembre, 3 et 17 octobre!

Toujours dans cette volonté de faire sortir le Conservatoire de ses lieux relativement cachés, vous organisez également des expositions extra-muros, dont une qui ouvre ses portes le 15 septembre aux Bains des Pâquis pour durer jusqu’à la fin de l’année. Qu’est-ce qui attend le public?

L’objectif de “Instantanés botaniques” est de mettre en avant les différents trésors du Conservatoire à travers les yeux de photographes talentueux du Studio Fédéral et de Flying Focus. Pour réaliser cette immersion visuelle, ils sont venus capturer nos infrastructures vues du ciel, immortaliser les richesses cachées du Conservatoire et documenter nos différentes missions insoupçonnées. Cette exposition répond finalement assez bien aux différentes questions que les visiteurs nous posent régulièrement !

La gravure sort au jardin
© Conservatoire et Jardin botaniques de Genève

Collector : célébration du bicentenaire du Conservatoire botanique
Jusqu’au 30 novembre 2024
Conservatoire et Jardin botaniques de Genève
www.cjbg.ch/agenda/collector

Exposition

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